samedi 25 juillet 2026

Les Beys de Tunisie - Ali 3 Bey, règne de 1882 à 1902.

 

Ali 3 Bey est né le 14 août 1817 au palais de la Marsa et décède en ce lieu le 11 juin 1902. Il est enterré au mausolée de Tourbet El Bey, situé dans la médina de Tunis. Polygame, il engendre 5 fils et 6 filles. Trois de ses fils monteront sur le trône.
A l’âge de 61 ans, Ali 3 Bey succède à son frère Mohamed 3 Sadok Bey le 28 octobre 1882 et règne jusqu’à la date de son décès en 1902 à l’âge de 84 ans.

Il est le 4ème fils d’Hussein 2 Bey dont le règne remonte à une cinquantaine d’années de 1824 à 1835. Ses deux frères ainés Mohamed et Sadok règneront avant lui, de 1855 à 1859 pour le premier et de 1859 à 1882 pour le second. Son 3ème frère (demi) Adel Bey entrera en rébellion en 1867 et en tant que Bey du camp à cette période, il se chargera de massacrer l’ensemble des rebelles et parmi eux son demi-frère Adel Bey qui sera d’abord emprisonné avant de subir la mort.

Ordre du Nichan El Iftikhar d’Ali 3 Bey (Règne de 1882 à 1902)

C’est par Ali 3 Bey que le pouvoir d’Etat dans la régence de Tunis est passé officiellement aux mains des autorités françaises. En effet, par la convention de la Marsa signée le 8 juin 1883, Ali 3 Bey a renoncé à ses pouvoirs d’Etat en ne conservant que son autorité nominale. Toutes les administrations du pays notamment l'armée, la police et les affaires étrangères sont dorénavant sous l’autorité de la puissance coloniale.

Dès son accession au trône et pour la première fois dans l'histoire du pays, un vizir tunisien, Mohammed Aziz Bouattour, est nommé à la place du vizir d’origine mamelouk Mohamed Khaznadar désigné précédemment par son père.

Les vizirs chefs de gouvernement étaient désignés parmi les mamelouks* les plus fidèles et proches du Bey. Tout comme son mentor Ali 3 Bey, le vizir tunisien Mohammed Aziz Bouattour s’est montré encore plus obéissant aux ordres de la France qui l’a maintenu à son poste jusqu’à la date de son décès en 1907.

*Les mamelouks sont des jeunes esclaves étrangers élevés sous la bannière des Beys. Convertis à l’islam, ils ont été éduqués en suivant le parcours militaire et nombreux d’entre eux se sont hissés aux premiers postes de la gouvernance beylicale].

Monhel

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vendredi 17 juillet 2026

Monnaies beylicales de Tunisie - Les monnaies en cuivre durant la période ottomane 1574 à 1881/1891

 

Fig.1 – Monnaies beylicales de Tunisie - Fals (Bourbe) du 17è se distinguant par les symboliques du croissant et de la Khanfoussa, calligraphie en multi anneaux désignée en tant que telle par Monhel (en référence à la Khanfoussa (signature) des notaires tunisiens avant le 20è siècle). Le poids et diamètre du Fals du 17è se situent aux environs de 1.5g / 2cm selon P. Sebag Ces 2 symboliques ne se retrouvent pas sur les Fals du 18è (Ali 2 Bey).

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Au départ, les collectionneurs numismates se sont intéressés beaucoup plus au monnayage en or. De tout temps, une collection de monnaies en or est une fierté pour son acquéreur, un signe de pouvoir, de puissance. Les « malheureuses » monnaies en cuivre ont été longtemps délaissées, surtout les mondiales des derniers siècles. De même, en Tunisie, on leur donne très peu d’importance bien qu’elles véhiculent aussi bien les données historiques que la beauté des gravures.

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L’autre soir sur Facebook, une monnaie beylicale en cuivre de la période ottomane de Tunisie a été exposée avec toutes sortes de propositions de nos compatriotes, mais sans identification exacte. Le constat est que la plupart des tunisiens sont en méconnaissance de la nature des monnaies de la régence beylicale de Tunis, notamment celles de la période ottomane de 1574 à 1181/1891.

De ce fait, il est surement utile de parler de ce monnayage ottoman à commencer par la monnaie en cuivre suscitée que j’ai identifié en tant que Fals (Bourbe) d’Ali 2 Bey (1759-1782) sur la base de la date lisible au revers (malheureusement pour le partage, j’ai omis de capturer sa photo).

Le système monétaire en cuivre de la régence beylicale sous les ottomans de 1574 à 1181/1891 peut être classé en 3 systèmes monétaires :

-      Le Fals (Bourbe) (1)* d’origine arabo-hafside durant le 16è, le 17è et le début du 18è ;

-      Le Nasry d’Ahmed 1er Bey (1837-1855) ;

-    Le Kharoub initié par Mohamed 2 Bey (1855-1859) et complété par la série de Mohamed 3 Sadok Bey (1859-1882).

Le Fals (Bourbe) et ses divisions le1/6 Fals (Qafsi, Bourbine) et le 1/3 Fals (2 Bourbines)

Durant la période Hafside, le Fals (Bourbe) pesait près de 3 grammes comme le Fals originel issue de la réforme monétaire du calife omeyyade Abd Al Malik (696-697), l’initiateur du système monétaire arabe au 7è siècle. Durant le 17è siècle à Tunis sous les ottomans, il pesait entre 1.5 g et 2 g selon l’étude de notre compatriote juif tunisien Paul Sebag (l’enseignant sociologue connu pour avoir milité aux côtés de ses frères tunisiens musulmans contre le colonialisme et à qui nous rendons hommage).

Fig. 2 – Monnaies beylicales de Tunisie - Fals (Bourbe) d’Ali 2 (1759-1782) du 18è siècle présentant une iconographie totalement différente de celle du Fals du 17è (Fig.1) et un retour au poids et diamètre du Fals originel Hafside aux environs de 3,5 g / 3 cm.

Depuis la conquête ottomane de la régence beylicale de Tunis, le Fals (Bourbe) hérité de la période Hafside s’est maintenu durant le 16è siècle jusqu’à la réforme monétaire d’Ali 1er Bey (1735-1756) qui a créé ses divisions 1/6 Fals (Qafsi ;Bourbine) et 1/3 Fals (2 Bourbines)*.

*Il manque encore de preuves officielles pour trancher entre l’existence du 1/3 Fals ou du ½ Fals, ou les deux à la fois (Réf. Cahier n°03 d’ARTmedina-tounes, intitulé : «Système monétaire de la régence de Tunis 1574-1891 » publié par Monhel sur Amazon en 2020 (Rév 2004).

Les divisions du Fals (Bourbe), le Qafsi (1/6 Fals) et le 1/3 Fals du 18è créés par Ali 1er Bey (1735-1756), sont de petites monnaies de poids entre 0.4 g et 1g difficilement identifiables. Comme le Fals Mouradite du 17è, ce sont des monnaies assez rares à trouver. L’explication réside dans le fait que l’ensemble de ces monnaies ont été réformées et fondues par Ali 2 Bey (1756-1782) pour en faire un Fals originel pesant autour de 3 grammes (Fig.2).

Fig. 3 - Qafsi (Bourbine = 1/6 Fals) en cuivre (0.45g, 10mm) frappé à Tunis en 1176 de l’Hégire (1763 JC) sous les règnes du sultan ottoman Mustapha 3 (1754 - 1775) et Ali 2 Bey (1759 - 1782) - (Réf. ARTmedina-tounes).

Fig.4 – Monnaies beylicales de Tunisie - Monnaie en cuivre de 1/3 Fals (2 Bourbines, 2 Qafsis) émise en 1177 AH / 1764 JC sous le sultan ottoman Mustapha 3 (1757-1774) et le Bey de Tunis Ali 2 Bey (1759-1782).

Réf.SINCONA : Vente 31 du 24.10.2016 - Lot 42 Monnaie 6 (f), Cuivre, 0,85 g.

L’attribution de Monhel à 1/3 Fals (2 Bourbines, 2 Qafsis) et non à 1 Fals (Bourbe, Burbe) comme proposé par SINCONA est basée d’abord sur le poids de 0.85 g qui ne correspond pas au poids du Fals (Bourbe) d’environ 3 à 4 g réformé par Ali 2 Bey (1759-1782).

En plus, la méthode formelle visuelle de Monhel distingue la face du 1/3 Fals par le non indication du titre « Khan », lequel titre est mentionné seulement sur la face du Fals (Bourbe).

Le Nasry d’Ahmed 1er Bey (1837-1855) et ses multiples 3 Nasrys et 6 Nasrys

Ce qui est à retenir pour les collectionneurs numismates est que toutes les monnaies du système monétaire du Fals (Bourbe) en cuivre du 17è (Mouradite) et début du 18è (Husseinites), rares à trouver, ont été définitivement écartées par Ahmed 1 Bey (1837-1855) pour les remplacer en 1847 par le système monétaire du Nasry en cuivre avec ses multiples 3 Nasrys et 6 Nasrys, remplacés également une dizaine d’années plus tard par les Kharoubs en cuivre.

Fig.5 – Monnaies beylicales de Tunisie - Nasry d’Ahmed 1er Bey (1837-1855) frappé en 1269 de l’Hégire (1853 JC) sous la période du sultan ottoman Abdel Majid Khan.

Les Nasrys d’Ahmed 1er Bey sont émis sans indication de la valeur. La distinction entre le 1 Nasry (1.9g, 22mm), 3 Nasrys (5.8g, 24mm) et le 6 Nasrys (11.6g, 28mm) se fait par le diamètre et le poids. Les Nasrys émis par son successeur Mohamed 2 Bey (1855-1859) présentent une iconographie différente avec indication de la valeur. 

Fig.6 – Monnaies beylicales de Tunisie - 3 Nasrys de Mohamed 2 Bey (1855-1859) frappé en 1272 de l’Hégire (1856 JC) sous la période du sultan ottoman Abdel Majid Khan.

Le Kharoub, ses multiples et ses divisions

Le Nasry et ses multiples n’ont pas perdurés aussi longtemps que le Fals (Bourbe) et ses divisions Qafsi (Bourbine : 1/6 Fals) et 2 Bourbines, puisque remplacées une dizaine d’années plus tard par le système monétaire du Kharoub en cuivre.

En créant la monnaie dé 2 Kharoubs en 1858 équivalente à la monnaie de 13 Nasrys créée en1856 de valeur équivalente à 1/8 Piastre par décret beylical, Mohamed 2 Bey (1855-1859) est en fait l’initiateur de la série des Kharoubs émise par son successeur Mohamed 3 Sadok Bey (1859-1882).

Fig.7 – Monnaies beylicales de Tunisie – Monnaie de 13 Nasrys [23g, 33mm] de Mohamed 2 Bey (1855-1859) émise à Tunis en 1272 de l’Hégire (1856 JC) sous la période du sultan Abdel Majid Khan.

Fig.8 – Monnaies beylicales de Tunisie – Monnaie de 2 Kharoubs en cuivre type 1858/59 [25g, 34mm] de Mohamed 2 Bey (1855-1859) émise à Tunis en 1276 de l’Hégire (1859 JC) sous la période du sultan Abdel Majid Khan.

En succédant à son frère Mohamed 2 Bey en 1859, Mohamed 3 Sadok Bey (1859-1882) met fin définitivement au système monétaire du Nasry en le remplaçant par celui du Kharoub, ses multiples et ses divisions.

Fig.9 – Monnaies beylicales de Tunisie – 1 Kharoub en cuivre de Mohamed Sadok Bey (1859-1882) émis à Tunis en 1281 de l’Hégire (1864 JC) sous la période du sultan Abdel Aziz Khan.

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1881 Protectorat français: Mise à l’écart définitive du monnayage en cuivre Kharoub ; continuité de l’émission des Ryals en or et en argent.

1er juillet 1891: Mise à l’écart définitive des Ryals en or et en argent.

Emission du Franc or et argent et du centime en alliage de bronze.

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vendredi 12 juin 2026

Médaille en argent célébrant la prise de Tunis en 1573 par Don Giovanni d’Autriche (1545-1578)

 

Deux prises de Tunis ont eu lieu par les espagnols.

La première en 1935 par Charles Quint. La deuxième en 1573 par Don Giovanni d’Autriche (1545-1578).

Si la première conquête espagnole a duré dans le temps, plus d’un demi-siècle, avec nécessairement ses incidences socio culturelles - manquant à ce jour d’études et d’analyses en profondeur -, la deuxième a été assez brève, interrompue brutalement en 1574 par Sinan Pacha avec cette fois-ci la connexion ottomane de Tunis durant plus de 4 siècles, ayant imprégné aux tunisiens sans aucun doute  un héritage socioculturel très en profondeur.

Giovani d’Autriche ou Don Juan d’Autriche (1545-1578) est un prince de la famille des Habsbourg, fils illégitime de Charles Quint, ayant fait carrière militaire dans les armées de son demi-frère Philippe 2.

Il est le commandant de la flotte européenne à la bataille de Lepante en 1571 infligeant aux ottomans leur première cuisante défaite face aux puissances chrétiennes regroupées en une sainte Ligue.

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jeudi 4 juin 2026

Numismatique de Tunisie – Monnaies d’Ali 3 Bey (1882-1902) et de Mohamed Al Hédi Bey (1902-1906) – Cotation Monhel

 

*https://www.amazon.fr/Monnaies-Tunisie-R%C3%A9pertoire-1902-1906-1882-1902/dp/B0D29PB86B/ref=sr_1_6?dib=eyJ2IjoiMSJ9.htqVw

Le livret numismatique ARTmedina-tounes Liv 04/2024 répertoriant les monnaies des beys de Tunisie Ali 3 (1882-1902) et Mohamed Al Hédi (1902-1906) a été publié en 2024 chez Amazon*, complétant ainsi les répertoires Monhel de toutes les monnaies des Beys sous Protectorat français : Liv 01/2023 Mohamed Lamine Bey (1943-1956/57), Liv 02/2023 Ahmed 2 Bey (1929-1942) et Moncef Bey (1942-1943), Liv 03/2023 Mohamed Ennaceur Bey (1906-1922) et Mohamed Habib bey (1922-1929).

Ces répertoires de monnaies ont été accompagnés par leur cotation Monhel qui se distingue par deux limites relatives aux prix minimum et maximum de la monnaie en fonction de son état de conservation et son degré de rareté.

Le prix minimum correspond à l’état de conservation « Beau » alors que le maximum à l’état «Superbe ».

Les états de conservation d’une monnaie selon la classification européenne [B « Beau », TB « Très beau », TTB « Très très beau », « Superbe », « Splendide », « Fleur de coin »] et les degrés de rareté [R1 à R8] sont spécifiés en annexe des livrets numismatiques ARTmedina-tounes. De la sorte, le détenteur d’une monnaie est en mesure d’avoir sa propre évaluation de la valeur.

A noter que l’état de conservation « Beau » est caractérisé par beaucoup d'usure, de nombreux coups et rayures, mais toute inscription doit être lisible. Quant à l’état de conservation « Superbe », il est caractérisé par l’éclat d’origine de la monnaie avec une légère trace de circulation.

Si l’état de la monnaie est en dessous de l’état limite inférieur « Beau », la monnaie ne vaut plus que par son poids de métal et en général ne représente plus de valeur numismatique (mis à part les états particuliers des monnaies antiques).

La cotation Monhel est établie en fonction de spécificités tunisiennes révélant parfois des degrés de rareté plus (ou moins) prononcés en comparaison avec les données de « Maisons numismatiques » à l’international. En conséquence, parfois des valeurs marchandes plus élevées ou inversement. Elle vient combler un vide d’information numismatique spécifique à la Tunisie.

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mardi 2 juin 2026

Patrimoine de Tunisie - La chaine Selsela berbère en argent massif

Elle figure parmi les emblèmes méconnus du patrimoine des bijoux berbères en argent de Tunisie.


Fig.1 – Patrimoine de Tunisie – 1/ Parure de poitrine aux fibules de la Melia en argent massif. 2/ Tableau d’Alexandre Roubtzoff montrant une berbéro bédouine de Tunisie habillée de la Melia nouée par la parure de poitrine aux fibules – Réf. ARTmedina-tounes

La parure de poitrine aux fibules de la Melia berbère a été conçue avec trois chaines essentielles.

Au début, avec la chaine Selsela en argent massif, emblématique, assez lourde, un choix mystique d’origine berbère.

Lorsque le cout de métal argent a commencé à flamber à partir du 18 et 19 èmes siècles, la Selsela s’est vue supplantée par deux autres chaines beaucoup moins légères, à portée plus économique.

La Rihana (fig.3) à anneaux aplatis, la plus connue de tous et des tunisiens, et la chaine Selsela enchevêtrée (fig.4), conçue en s’inspirant des deux anneaux soudés en perpendiculaire de la Selsela originale (fig.2), une magnifique chaine assez légère, aussi méconnue que sa consœur ainée (Réf. Monhel, « Les bijoux berbères en argent de Tunisie », 2023, Amazon)*.


Fig. 2 – Bijoux berbères en argent de Tunisie – Parure de poitrine aux fibules de la Melia Berbère – Elément de base de la chaine Selsela en argent massif conçu en anneaux soudés en perpendiculaire – Réf. ARTmedina-tounes.

L’élément de base de la Selsela en argent massif se distingue par sa conception originale sous forme de deux anneaux soudés en perpendiculaire. 

Fig. 3 – Bijoux berbères en argent de Tunisie – Parure de poitrine aux fibules de la Melia Berbère – Chaine Rihanna à anneaux applatis – Réf. ARTmedina-tounes.


Fig. 4 – Bijoux berbères en argent de Tunisie – Parure de poitrine aux fibules de la Melia Berbère – Chaine Selsela enchevêtrée assez légère conçue en s’inspirant des deux anneaux soudés en perpendiculaire de la Selsela originale – Réf. ARTmedina-tounes.

Dans les souks d’aujourd’hui, on ne trouve presque plus de ces chaines originales berbères emblématiques du patrimoine de Tunisie.

La Rihana made in China circule toujours, toutefois, avec l’apparition timide de Rihana made in Tunisia grâce à la nouvelle vague de jeunes artisans tunisiens qui se distinguent par leurs innovations et…leur parcours universitaire, une originalité tunisienne.

Quant aux Selsela lourdes et légères (fig. 2 et 4), on ne les rencontre presque plus. En déperdition totale. Démodées tout comme l’habit de la Melia depuis le 20è siècle, elles sont passées par le brasier de fonte des bijoutiers des années 1960 pour en faire des bijoux à la mode, comme ils disent.

En publiant en 2003 son cahier artistique n°04 intitulé : « Les bijoux berbères en argent de Tunisie » chez Amazon*, en digital et en papier, Monhel s’est fixé comme objectif de garder la trace indélébile de ce patrimoine magnifique.

Surtout, une référence matérielle des produits originaux pour pouvoir faire la distinction avec les produits innovants qui pullulent dorénavant grâce à cette nouvelle vague d’artisans. Tant mieux. Mais quand ces innovations s’éloignent parfois énormément du produit original, il y a nécessité de le faire savoir pour ne pas nuire au produit original du patrimoine notamment quand il s’agit de normes de qualités, de modèles ou d’utilisations.

Comme exemple concret lié au contexte économique et au faible pouvoir d’achat, on peut citer le poids de ces produits innovants qui n’ont rien à voir avec les produits originaux du patrimoine. Une main de Fatma tellement mince ne représente plus celle de la berbéro bédouine de Tunisie beaucoup plus consistante, majestueuse au toucher.

*https://www.amazon.fr/Bijoux-berb%C3%A8res-en-argent-Tunisie-ebook/dp/B0BT4K622K/ref=sr_1_1?dib=eyJ2IjoiMSJ9


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samedi 9 mai 2026

Mois du patrimoine 2026 – De la nécessité de sauvegarde des objets des musées

 

Disparition en 2006 de 200 monnaies en or byzantines du Musée du Bardo de Tunis 

Monnayage byzantin – Monnaie en or Solidus de Constantin VII Porphyrogenitus, 945-959 A.D, Constantinople, Référence: Maison de numismatique Ma-shops.

Selon l’article publié en 2018.3.6 par la revue Tuniscope* en référence à une publication de l’agence turque « Anadolu agency », le Directeur de l’INP (Institut National du Patrimoine de Tunis) a déclaré la disparition  du musée du Bardo, entre 2012 et 2013, de 200 monnaies en or Byzantines et qu’après les recherches, il s’est avéré que leur vol a été commis en 2006 !

* : https://www.tuniscope.com/article/45072/actualites/tunisie/pieces-bardo-513216

La déclaration mentionne la date du vol en 2006, mais s’abstient de parler des voleurs ni de leur arrestation.

C’est en 2012 que l’INP s’est aperçu de la disparition de ces monnaies, c’est à dire six longues années après leur vol.

Mêmes les plus prestigieux musées du monde, le British Museum ou le Louvre pour ne citer que ces musées, ne sont pas exempts de vols. Toutefois, les citoyens de ces pays sont bien informés juste après les méfaits. Les objets identifiés. Les responsables recadrés, voire déplacés ou punis. Dans l’immédiat, une stratégie de prévention et de sauvegarde est mise en place pour que cela ne se reproduise plus.

En 2026, 20 ans après le vol du Bardo, est-ce que ce dossier a été résolu ?. Les auteurs du vol ont-ils été démasqués et les monnaies retrouvées? La question est bien entendu posée à l’INP et au musée du Bardo de Tunis.

Le vol du Bardo est un exemple d’anomalie dans la gestion de suivi et de sauvegarde des pièces de nos musées et du patrimoine national de Tunisie.

L’essentiel est la prévention et la bonne stratégie de parade aux méfaits.

A ce sujet, il m’est arrivé de parler du rapport de la cour des comptes de 2020 qui révèle le non réalisation d’inventaire annuel du plus prestigieux de nos musées, révélant du même coup la réalité d’une mauvaise gestion persistante. Depuis, à ma connaissance, aucune stratégie pour remédier et prévenir aux faits ci-dessus n’a été publiée.

Durant la célébration annuelle du mois du patrimoine « 18 avril – 18 mai », on constate l’intérêt de plus en plus croissant des citoyens tunisiens pour la promotion et la protection de leur patrimoine.

Pour ma part, imbu de culture numismatique, j’ai saisi une première fois en 2020 le ministère chargé de la culture, de la nécessité d’élaboration d’une stratégie de gestion de suivi et de sauvegarde des objets du patrimoine axée notamment sur les nouvelles technologies. J’ai même voulu contribuer en demandant l’autorisation de numériser une partie des monnaies, d’ailleurs pas aussi nombreuses comme on a tendance à le croire…sans réponse.

J’ai également contribué par la publication de suggestions pour une nouvelle stratégie de gestion et de promotion du patrimoine en annexe du cahier artistique ARTmedina-tounes n°03 intitulé : « Système monétaire de la régence de Tunis 1574 – 1891 - Répertoire des monnaies beylicales en images » publié chez Amazon en 2020, révisé en 2023.

https://www.amazon.fr/Syst%C3%A8me-mon%C3%A9taire-r%C3%A9gence-Tunis-1574-1891-ebook/dp/B0DY3581MK/ref=sr_1_5?dib=eyJ2IjoiM

L’essentiel est de ne pas s’avouer vaincu. L’amélioration continue est la devise de la majorité des tunisiens.

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mercredi 24 décembre 2025

Le méconnu Al Makrizi et son traité de 1420 en arabe sur les monnaies islamiques.


Un traité numismatique en langue arabe aussi méconnu que son auteur.

Il a fallu attendre 1796, à l’ère napoléonienne, pour que le français Sylvestre de Sact entreprenne sa traduction et le fasse connaitre en Europe.

Al Makrizi est un historien spécialiste de la période arabe du 7ème au 14ème siècle.

Né aux environs de 1364 et décédé au Caire vers 1442, il est contemporain des Mamelouks d’Egypte. C’est le sultan Al Malek Al Mahmoudi, le 4ème de la dynastie des Mamelouks d’Égypte (1413 -1437), qui demanda à Al Makrizi d'élaborer un livre sur les monnaies islamiques. Ce sera fait vers 1420 JC.

Parmi ses ouvrages :

-                 - Description historique et topographique de l'Égypte.

-                 -Traité des monnaies musulmanes.

-                 - Histoire des sultans Ayoubites et des Mamelouks

-                 - Traité des poids et des mesures légales des                               musulmans

Numismatique islamique – Monnayage du Mamelouk Baybars (1260 - 1276) - Dinar en or indiquant sur sa face l’emblème du Lion, marque de réputation de Baybars – Réf. ARTmedina-tounes.

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jeudi 18 décembre 2025

Numismatique Libyque - Etat Libyque de l’antiquité: L’autre regard sur la révolte Libyque contre Carthage

 


Figure 1 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238 avant JC – Monnaie de 2 Shekels en billon de 12.5 g et de 27 cm portant à l’exergue l’indication « Libyon » en dessous du taureau rugissant – Le portrait à l’avers est attribué par Manfredi et autres à la divinité grecque Zeus –

Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer une divinité autre que celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.

L’année 238 avant J.C coïncide avec l’épilogue de la guerre infâme qui a duré cinq longues années de 241 à 238 avant J.C entre les puniques de Carthage et les révoltés libyques sur le territoire de l’actuelle Tunisie.

Figure 2 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238 avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication « Libyan » en dessous du lion – Le portrait à l’avers est attribué par la documentation à la divinité phénicienne Melkart –

Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer la divinité de l’ennemi et non pas celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.

Parmi les rares monnaies relatives à la révolte Libyque contre Carthage du 3è siècle avant JC (238-241), celle qui attire le plus l’attention est bien cette monnaie indiquant nettement en exergue du revers le nom de la Cité Lybian en lettres grecques.

Une impressionnante monnaie. Celle du lion Libyque rugissant contre l’occupant punique.

Une monnaie en billon très rare rapportée notamment par la collection Bouchereau. Un libraire français passionné d’antiquités et de monnaies qui, au début du 20ème siècle à Alger, a pu confectionner, sans s’en rendre compte, la plus importante collection de monnaies antiques d’Afrique du nord et autres. Une collection heureusement rapportée grâce au catalogue de la vente aux enchères du 19/20 juin 2014 de la maison Drouot à Paris en France.

Figure 3 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238 avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication « Libyan » en dessous du lion rugissant contre l'occupant punique – Le portrait à l’avers est attribué par la documentation à la divinité phénicienne Melkart – 

Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer la divinité de l’ennemi et non pas celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.

Jamais le lion rugissant avec sa crinière en hérisson n’a immortalisé son mécontentement de façon si terrible.

Une monnaie exceptionnelle, d’importance historique, identitaire.

Car elle atteste de l’existence d’un Etat Libyque par la signature du mot « Lybian » en exergue du revers.

La face indiquerait le portrait d’une divinité ou d’un chef Libyque à l’exemple des monnaies du chef Libyco-numide Syfax.

Pourtant, l’ensemble des experts de la rive nord de la méditerranée l’ont toujours attribué à une divinité punique comme celle de Melkart de Phénicie. Une aberration, car la Cité – Etat Libyque, comme attestée par l’indication du nom Libyan sur l’exergue, ne va pas indiquer sur son monnayage le portrait d’un dieu de l’ennemi.

Ces mêmes experts ont également attribué à Zeus le grec le portrait de la monnaie similaire en figure 1 indiquant à son exergue le terme Libyan et montrant cette fois-ci le « rugissement » du taureau mécontent de la colonisation punique.

Ces monnaies « Libyans » ne sont pas nombreuses.

Les experts ont préféré attribuer leur émission à…des mercenaires révoltés contre Carthage pour leurs salaires.

Ils n’ont pas fait l’effort de s’orienter vers l’existence d’une cité – Etat- Libyque émettrice de monnaies au même titre que Carthage, Athènes ou Rome.

La plupart des experts s’alignent encore aujourd’hui  sur les mêmes « rapports » et écrits de l’antiquité classant les peuples Libyques comme des sauvages incapables de se constituer en Etat et d’émettre des monnaies. C’est Hérodote le grec qui, le premier au cinquième siècle avant JC, a inventé le terme Barbare pour désigner de sauvages les peuples nord africains.

Mais en ce début du 21ème siècle, les études archéologiques et les nouvelles découvertes semblent inverser ces attributions. L’une d’elles se prononce bel et bien pour l’existence d’un Etat Libyque saharien.

C’est David Mattingly de l’Université de Leicester qui fait un bond significatif pour la reconnaissance d’un Etat Libyque Saharien de l’antiquité, celui des Garamantes, composante des peuples Libyques (Gétules, Numides…), dont les vestiges archéologiques sont encore visibles auprès du Fezzan tripolitain en Libye actuelle. Les avancées de David Mattingly contredisent ainsi les affirmations des historiens qui considéraient les tribus Libyques de l’antiquité, mis à part les numides, incapables de se gérer en un Etat capable d’émettre des monnaies.

Son article de 2001, paru dans la revue « Antiquités africaines » (volume 37), énumère les preuves archéologiques, pourtant disponibles depuis longtemps, pour se prononcer bel et bien sur l’existence d’un Etat Libyque « Saharien ».

Un Etat qui côtoyait les Pharaons et qui recevait de l’argent des taxes de la part des puniques en contre partie des comptoirs de commerce installés tout le long de la côte du nord de l’Afrique depuis un millénaire avant J.C.

Avec l’Egypte des Pharaons, les Libyques vivaient parfois en parfaite symphonie amicale à l’exemple du pharaon Séthi 1er et son fils dont la tombe royale montre sur ses murs au moins trois peintures de personnages élégants de Libyques (Figure 4)…très loin de l’image de « Barbare » façonnée par Hérodote le Grec au 5è siècle avant J.C.

Figure 4 – Peinture d’un Libyque visible sur les murs de la tombe du fils du pharaon égyptien Séthi 1er. L’élégance du personnage indique qu’il s’agit d’une haute personnalité libyque en étroite liaison amicale aves les pharaons au point d’avoir l’honneur de figurer dans une pyramide funeste des pharaons d’Egypte – Réf. ARTmedina-tounes.

Pour l’histoire, il y a lieu de rappeler que les relations amicales entre les Libyques et Carthage la punique se sont détériorées à partir du 4ème siècle quand le petit punique à ses débuts en Afrique du nord devenu assez grand a refusé de payer son dû locatif aux Libyques pour ses divers comptoirs de commerce installés le long du littoral d’Afrique du nord.

Pour cela, des guerres ont eu lieu entre Puniques et Libyques dont la plus infâme, objet du présent article, celle de 241 à 238 avant J.C, a été abondamment relayée par les historiens et même les romanciers comme Gustave Flaubert.

L’historique rapportée de cette guerre est un amalgame entre la révolte des mercenaires non payés par Carthage et celle de l’Etat Libyque qui, en fait, a profité du déclenchement des hostilités entre mercenaires et puniques pour ouvrir un deuxième front contre le colonisateur Carthaginois en vue de libérer leur territoire nord-africain.

Une révolte des Libyques contre Carthage pour libérer leur terre alors que les mercenaires de l’armée de Carthage se révoltaient pour leur salaire.

L’histoire reconnait tout de même que les Libyques ont failli remporter la victoire contre Carthage, si ce n’est la traitrise de l’un des leurs, le chef Navaras, qui s’est aligné contre son peuple au profit de Carthage… pour les beaux yeux de la belle princesse carthaginoise Sonophibe et…pour la grande joie du romancier Gustave Flaubert.

Monhel

ARTmedina-tounes

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