samedi 9 mai 2026

Mois du patrimoine 2026 – De la nécessité de sauvegarde des objets des musées

 

Disparition en 2006 de 200 monnaies en or byzantines du Musée du Bardo de Tunis 

Monnayage byzantin – Monnaie en or Solidus de Constantin VII Porphyrogenitus, 945-959 A.D, Constantinople, Référence: Maison de numismatique Ma-shops.

Selon l’article publié en 2018.3.6 par la revue Tuniscope* en référence à une publication de l’agence turque « Anadolu agency », le Directeur de l’INP (Institut National du Patrimoine de Tunis) a déclaré la disparition  du musée du Bardo, entre 2012 et 2013, de 200 monnaies en or Byzantines et qu’après les recherches, il s’est avéré que leur vol a été commis en 2006 !

La déclaration mentionne la date du vol en 2006, mais s’abstient de parler des voleurs ni de leur arrestation.

C’est en 2012 que l’INP s’est aperçu de la disparition de ces monnaies, c’est à dire six longues années après leur vol.

Mêmes les plus prestigieux musées du monde, le British Museum ou le Louvre pour ne citer que ces musées, ne sont pas exempts de vols. Toutefois, les citoyens de ces pays sont bien informés juste après les méfaits. Les objets identifiés. Les responsables recadrés, voire déplacés ou punis. Dans l’immédiat, une stratégie de prévention et de sauvegarde est mise en place pour que cela ne se reproduise plus.

En 2026, 20 ans après le vol du Bardo, est-ce que ce dossier a été résolu ?. Les auteurs du vol ont-ils été démasqués et les monnaies retrouvées? La question est bien entendu posée à l’INP et au musée du Bardo de Tunis.

Le vol du Bardo est un exemple d’anomalie dans la gestion de suivi et de sauvegarde des pièces de nos musées et du patrimoine national de Tunisie.

L’essentiel est la prévention et la bonne stratégie de parade aux méfaits.

A ce sujet, il m’est arrivé de parler du rapport de la cour des comptes de 2020 qui révèle le non réalisation d’inventaire annuel du plus prestigieux de nos musées, révélant du même coup la réalité d’une mauvaise gestion persistante. Depuis, à ma connaissance, aucune stratégie pour remédier et prévenir aux faits ci-dessus n’a été publiée.

Durant la célébration annuelle du mois du patrimoine « 18 avril – 18 mai », on constate l’intérêt de plus en plus croissant des citoyens tunisiens pour la promotion et la protection de leur patrimoine.

Pour ma part, imbu de culture numismatique, j’ai saisi une première fois en 2020 le ministère chargé de la culture, de la nécessité d’élaboration d’une stratégie de gestion de suivi et de sauvegarde des objets du patrimoine axée notamment sur les nouvelles technologies. J’ai même voulu contribuer en demandant l’autorisation de numériser une partie des monnaies, d’ailleurs pas aussi nombreuses comme on a tendance à le croire…sans réponse.

J’ai également contribué par la publication de suggestions pour une nouvelle stratégie de gestion et de promotion du patrimoine en annexe du cahier artistique ARTmedina-tounes n°03 intitulé : « Système monétaire de la régence de Tunis 1574 – 1891 - Répertoire des monnaies beylicales en images » publié chez Amazon en 2020, révisé en 2023.

L’essentiel est de ne pas s’avouer vaincu. L’amélioration continue est la devise de la majorité des tunisiens.

Monhel

ARTmedina-tounes

 

* : https://www.tuniscope.com/article/45072/actualites/tunisie/pieces-bardo-513216