samedi 25 juillet 2026

Les Beys de Tunisie - Ali 3 Bey, règne de 1882 à 1902.

 

Ali 3 Bey est né le 14 août 1817 au palais de la Marsa et décède en ce lieu le 11 juin 1902. Il est enterré au mausolée de Tourbet El Bey, situé dans la médina de Tunis. Polygame, il engendre 5 fils et 6 filles. Trois de ses fils monteront sur le trône.
A l’âge de 61 ans, Ali 3 Bey succède à son frère Mohamed 3 Sadok Bey le 28 octobre 1882 et règne jusqu’à la date de son décès en 1902 à l’âge de 84 ans.

Il est le 4ème fils d’Hussein 2 Bey dont le règne remonte à une cinquantaine d’années de 1824 à 1835. Ses deux frères ainés Mohamed et Sadok règneront avant lui, de 1855 à 1859 pour le premier et de 1859 à 1882 pour le second. Son 3ème frère (demi) Adel Bey entrera en rébellion en 1867 et en tant que Bey du camp à cette période, il se chargera de massacrer l’ensemble des rebelles et parmi eux son demi-frère Adel Bey qui sera d’abord emprisonné avant de subir la mort.

Ordre du Nichan El Iftikhar d’Ali 3 Bey (Règne de 1882 à 1902)

C’est par Ali 3 Bey que le pouvoir d’Etat dans la régence de Tunis est passé officiellement aux mains des autorités françaises. En effet, par la convention de la Marsa signée le 8 juin 1883, Ali 3 Bey a renoncé à ses pouvoirs d’Etat en ne conservant que son autorité nominale. Toutes les administrations du pays notamment l'armée, la police et les affaires étrangères sont dorénavant sous l’autorité de la puissance coloniale.

Dès son accession au trône et pour la première fois dans l'histoire du pays, un vizir tunisien, Mohammed Aziz Bouattour, est nommé à la place du vizir d’origine mamelouk Mohamed Khaznadar désigné précédemment par son père.

Les vizirs chefs de gouvernement étaient désignés parmi les mamelouks* les plus fidèles et proches du Bey. Tout comme son mentor Ali 3 Bey, le vizir tunisien Mohammed Aziz Bouattour s’est montré encore plus obéissant aux ordres de la France qui l’a maintenu à son poste jusqu’à la date de son décès en 1907.

*Les mamelouks sont des jeunes esclaves étrangers élevés sous la bannière des Beys. Convertis à l’islam, ils ont été éduqués en suivant le parcours militaire et nombreux d’entre eux se sont hissés aux premiers postes de la gouvernance beylicale].

Monhel

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vendredi 17 juillet 2026

Monnaies beylicales de Tunisie - Les monnaies en cuivre durant la période ottomane 1574 à 1881/1891

 

Fig.1 – Monnaies beylicales de Tunisie - Fals (Bourbe) du 17è se distinguant par les symboliques du croissant et de la Khanfoussa, calligraphie en multi anneaux désignée en tant que telle par Monhel (en référence à la Khanfoussa (signature) des notaires tunisiens avant le 20è siècle). Le poids et diamètre du Fals du 17è se situent aux environs de 1.5g / 2cm selon P. Sebag Ces 2 symboliques ne se retrouvent pas sur les Fals du 18è (Ali 2 Bey).

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Au départ, les collectionneurs numismates se sont intéressés beaucoup plus au monnayage en or. De tout temps, une collection de monnaies en or est une fierté pour son acquéreur, un signe de pouvoir, de puissance. Les « malheureuses » monnaies en cuivre ont été longtemps délaissées, surtout les mondiales des derniers siècles. De même, en Tunisie, on leur donne très peu d’importance bien qu’elles véhiculent aussi bien les données historiques que la beauté des gravures.

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L’autre soir sur Facebook, une monnaie beylicale en cuivre de la période ottomane de Tunisie a été exposée avec toutes sortes de propositions de nos compatriotes, mais sans identification exacte. Le constat est que la plupart des tunisiens sont en méconnaissance de la nature des monnaies de la régence beylicale de Tunis, notamment celles de la période ottomane de 1574 à 1181/1891.

De ce fait, il est surement utile de parler de ce monnayage ottoman à commencer par la monnaie en cuivre suscitée que j’ai identifié en tant que Fals (Bourbe) d’Ali 2 Bey (1759-1782) sur la base de la date lisible au revers (malheureusement pour le partage, j’ai omis de capturer sa photo).

Le système monétaire en cuivre de la régence beylicale sous les ottomans de 1574 à 1181/1891 peut être classé en 3 systèmes monétaires :

-      Le Fals (Bourbe) (1)* d’origine arabo-hafside durant le 16è, le 17è et le début du 18è ;

-      Le Nasry d’Ahmed 1er Bey (1837-1855) ;

-    Le Kharoub initié par Mohamed 2 Bey (1855-1859) et complété par la série de Mohamed 3 Sadok Bey (1859-1882).

Le Fals (Bourbe) et ses divisions le1/6 Fals (Qafsi, Bourbine) et le 1/3 Fals (2 Bourbines)

Durant la période Hafside, le Fals (Bourbe) pesait près de 3 grammes comme le Fals originel issue de la réforme monétaire du calife omeyyade Abd Al Malik (696-697), l’initiateur du système monétaire arabe au 7è siècle. Durant le 17è siècle à Tunis sous les ottomans, il pesait entre 1.5 g et 2 g selon l’étude de notre compatriote juif tunisien Paul Sebag (l’enseignant sociologue connu pour avoir milité aux côtés de ses frères tunisiens musulmans contre le colonialisme et à qui nous rendons hommage).

Fig. 2 – Monnaies beylicales de Tunisie - Fals (Bourbe) d’Ali 2 (1759-1782) du 18è siècle présentant une iconographie totalement différente de celle du Fals du 17è (Fig.1) et un retour au poids et diamètre du Fals originel Hafside aux environs de 3,5 g / 3 cm.

Depuis la conquête ottomane de la régence beylicale de Tunis, le Fals (Bourbe) hérité de la période Hafside s’est maintenu durant le 16è siècle jusqu’à la réforme monétaire d’Ali 1er Bey (1735-1756) qui a créé ses divisions 1/6 Fals (Qafsi ;Bourbine) et 1/3 Fals (2 Bourbines)*.

*Il manque encore de preuves officielles pour trancher entre l’existence du 1/3 Fals ou du ½ Fals, ou les deux à la fois (Réf. Cahier n°03 d’ARTmedina-tounes, intitulé : «Système monétaire de la régence de Tunis 1574-1891 » publié par Monhel sur Amazon en 2020 (Rév 2004).

Les divisions du Fals (Bourbe), le Qafsi (1/6 Fals) et le 1/3 Fals du 18è créés par Ali 1er Bey (1735-1756), sont de petites monnaies de poids entre 0.4 g et 1g difficilement identifiables. Comme le Fals Mouradite du 17è, ce sont des monnaies assez rares à trouver. L’explication réside dans le fait que l’ensemble de ces monnaies ont été réformées et fondues par Ali 2 Bey (1756-1782) pour en faire un Fals originel pesant autour de 3 grammes (Fig.2).

Fig. 3 - Qafsi (Bourbine = 1/6 Fals) en cuivre (0.45g, 10mm) frappé à Tunis en 1176 de l’Hégire (1763 JC) sous les règnes du sultan ottoman Mustapha 3 (1754 - 1775) et Ali 2 Bey (1759 - 1782) - (Réf. ARTmedina-tounes).

Fig.4 – Monnaies beylicales de Tunisie - Monnaie en cuivre de 1/3 Fals (2 Bourbines, 2 Qafsis) émise en 1177 AH / 1764 JC sous le sultan ottoman Mustapha 3 (1757-1774) et le Bey de Tunis Ali 2 Bey (1759-1782).

Réf.SINCONA : Vente 31 du 24.10.2016 - Lot 42 Monnaie 6 (f), Cuivre, 0,85 g.

L’attribution de Monhel à 1/3 Fals (2 Bourbines, 2 Qafsis) et non à 1 Fals (Bourbe, Burbe) comme proposé par SINCONA est basée d’abord sur le poids de 0.85 g qui ne correspond pas au poids du Fals (Bourbe) d’environ 3 à 4 g réformé par Ali 2 Bey (1759-1782).

En plus, la méthode formelle visuelle de Monhel distingue la face du 1/3 Fals par le non indication du titre « Khan », lequel titre est mentionné seulement sur la face du Fals (Bourbe).

Le Nasry d’Ahmed 1er Bey (1837-1855) et ses multiples 3 Nasrys et 6 Nasrys

Ce qui est à retenir pour les collectionneurs numismates est que toutes les monnaies du système monétaire du Fals (Bourbe) en cuivre du 17è (Mouradite) et début du 18è (Husseinites), rares à trouver, ont été définitivement écartées par Ahmed 1 Bey (1837-1855) pour les remplacer en 1847 par le système monétaire du Nasry en cuivre avec ses multiples 3 Nasrys et 6 Nasrys, remplacés également une dizaine d’années plus tard par les Kharoubs en cuivre.

Fig.5 – Monnaies beylicales de Tunisie - Nasry d’Ahmed 1er Bey (1837-1855) frappé en 1269 de l’Hégire (1853 JC) sous la période du sultan ottoman Abdel Majid Khan.

Les Nasrys d’Ahmed 1er Bey sont émis sans indication de la valeur. La distinction entre le 1 Nasry (1.9g, 22mm), 3 Nasrys (5.8g, 24mm) et le 6 Nasrys (11.6g, 28mm) se fait par le diamètre et le poids. Les Nasrys émis par son successeur Mohamed 2 Bey (1855-1859) présentent une iconographie différente avec indication de la valeur. 

Fig.6 – Monnaies beylicales de Tunisie - 3 Nasrys de Mohamed 2 Bey (1855-1859) frappé en 1272 de l’Hégire (1856 JC) sous la période du sultan ottoman Abdel Majid Khan.

Le Kharoub, ses multiples et ses divisions

Le Nasry et ses multiples n’ont pas perdurés aussi longtemps que le Fals (Bourbe) et ses divisions Qafsi (Bourbine : 1/6 Fals) et 2 Bourbines, puisque remplacées une dizaine d’années plus tard par le système monétaire du Kharoub en cuivre.

En créant la monnaie dé 2 Kharoubs en 1858 équivalente à la monnaie de 13 Nasrys créée en1856 de valeur équivalente à 1/8 Piastre par décret beylical, Mohamed 2 Bey (1855-1859) est en fait l’initiateur de la série des Kharoubs émise par son successeur Mohamed 3 Sadok Bey (1859-1882).

Fig.7 – Monnaies beylicales de Tunisie – Monnaie de 13 Nasrys [23g, 33mm] de Mohamed 2 Bey (1855-1859) émise à Tunis en 1272 de l’Hégire (1856 JC) sous la période du sultan Abdel Majid Khan.

Fig.8 – Monnaies beylicales de Tunisie – Monnaie de 2 Kharoubs en cuivre type 1858/59 [25g, 34mm] de Mohamed 2 Bey (1855-1859) émise à Tunis en 1276 de l’Hégire (1859 JC) sous la période du sultan Abdel Majid Khan.

En succédant à son frère Mohamed 2 Bey en 1859, Mohamed 3 Sadok Bey (1859-1882) met fin définitivement au système monétaire du Nasry en le remplaçant par celui du Kharoub, ses multiples et ses divisions.

Fig.9 – Monnaies beylicales de Tunisie – 1 Kharoub en cuivre de Mohamed Sadok Bey (1859-1882) émis à Tunis en 1281 de l’Hégire (1864 JC) sous la période du sultan Abdel Aziz Khan.

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1881 Protectorat français: Mise à l’écart définitive du monnayage en cuivre Kharoub ; continuité de l’émission des Ryals en or et en argent.

1er juillet 1891: Mise à l’écart définitive des Ryals en or et en argent.

Emission du Franc or et argent et du centime en alliage de bronze.

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 Monhel

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