Elle figure parmi les emblèmes méconnus du patrimoine des bijoux berbères en argent de Tunisie.
Fig.1 – Patrimoine de Tunisie – 1/ Parure de poitrine aux fibules de la Melia en argent massif. 2/ Tableau d’Alexandre Roubtzoff montrant une berbéro bédouine de Tunisie habillée de la Melia nouée par la parure de poitrine aux fibules – Réf. ARTmedina-tounes
La parure de poitrine aux fibules de la Melia berbère a été conçue avec
trois chaines essentielles.
Au début, avec la chaine Selsela en argent massif, emblématique, assez
lourde, un choix mystique d’origine berbère.
Lorsque le cout de métal argent a commencé à flamber à partir du 18
et 19 èmes siècles, la Selsela s’est vue supplantée par deux autres chaines beaucoup
moins légères, à portée plus économique.
La Rihana (fig.3) à anneaux aplatis, la plus connue de tous et des tunisiens, et la chaine Selsela enchevêtrée (fig.4), conçue en s’inspirant des deux anneaux soudés en perpendiculaire de la Selsela originale (fig.2), une magnifique chaine assez légère, aussi méconnue que sa consœur ainée (Réf. Monhel, « Les bijoux berbères en argent de Tunisie », 2023, Amazon)*.
Fig. 2 – Bijoux berbères en argent de Tunisie – Parure de poitrine aux fibules de la Melia Berbère – Elément de base de la chaine Selsela en argent massif conçu en anneaux soudés en perpendiculaire – Réf. ARTmedina-tounes.
L’élément de base de la Selsela en argent massif se distingue par sa conception originale sous forme de deux anneaux soudés en perpendiculaire.
Fig. 3 – Bijoux berbères en argent de Tunisie – Parure de poitrine aux fibules de la Melia Berbère – Chaine Rihanna à anneaux applatis – Réf. ARTmedina-tounes.
Fig. 4 – Bijoux berbères en argent de Tunisie – Parure de poitrine aux fibules de la Melia Berbère – Chaine Selsela enchevêtrée assez légère conçue en s’inspirant des deux anneaux soudés en perpendiculaire de la Selsela originale – Réf. ARTmedina-tounes.
Dans les souks d’aujourd’hui, on ne trouve presque plus de ces
chaines originales berbères emblématiques du patrimoine de Tunisie.
La Rihana made in China circule toujours, toutefois, avec
l’apparition timide de Rihana made in Tunisia grâce à la nouvelle vague de
jeunes artisans tunisiens qui se distinguent par leurs innovations et…leur
parcours universitaire, une originalité tunisienne.
Quant aux Selsela lourdes et légères (fig. 2 et 4), on ne les rencontre presque
plus. En déperdition totale. Démodées tout comme l’habit de la Melia depuis le
20è siècle, elles sont passées par le brasier de fonte des bijoutiers des
années 1960 pour en faire des bijoux à la mode, comme ils disent.
En publiant en 2003 son cahier artistique n°04 intitulé :
« Les bijoux berbères en argent de Tunisie » chez Amazon*, en digital
et en papier, Monhel s’est fixé comme objectif de garder la trace indélébile de
ce patrimoine magnifique.
Surtout, une référence matérielle des produits originaux pour
pouvoir faire la distinction avec les produits innovants qui pullulent
dorénavant grâce à cette nouvelle vague d’artisans. Tant mieux. Mais quand ces
innovations s’éloignent parfois énormément du produit original, il y a
nécessité de le faire savoir pour ne pas nuire au produit original du
patrimoine notamment quand il s’agit de normes de qualités, de modèles ou
d’utilisations.
Comme exemple concret lié au contexte économique et au faible
pouvoir d’achat, on peut citer le poids de ces produits innovants qui n’ont
rien à voir avec les produits originaux du patrimoine. Une main de Fatma
tellement mince ne représente plus celle de la berbéro bédouine de Tunisie
beaucoup plus consistante, majestueuse au toucher.
ARTmedina-tounes
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