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mercredi 24 décembre 2025

Le méconnu Al Makrizi et son traité de 1420 en arabe sur les monnaies islamiques.


Un traité numismatique en langue arabe aussi méconnu que son auteur.

Il a fallu attendre 1796, à l’ère napoléonienne, pour que le français Sylvestre de Sact entreprenne sa traduction et le fasse connaitre en Europe.

Al Makrizi est un historien spécialiste de la période arabe du 7ème au 14ème siècle.

Né aux environs de 1364 et décédé au Caire vers 1442, il est contemporain des Mamelouks d’Egypte. C’est le sultan Al Malek Al Mahmoudi, le 4ème de la dynastie des Mamelouks d’Égypte (1413 -1437), qui demanda à Al Makrizi d'élaborer un livre sur les monnaies islamiques. Ce sera fait vers 1420 JC.

Parmi ses ouvrages :

-                 - Description historique et topographique de l'Égypte.

-                 -Traité des monnaies musulmanes.

-                 - Histoire des sultans Ayoubites et des Mamelouks

-                 - Traité des poids et des mesures légales des                               musulmans

Numismatique islamique – Monnayage du Mamelouk Baybars (1260 - 1276) - Dinar en or indiquant sur sa face l’emblème du Lion, marque de réputation de Baybars – Réf. ARTmedina-tounes.

Monhel

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jeudi 18 décembre 2025

Numismatique Libyque - Etat Libyque de l’antiquité: L’autre regard sur la révolte Libyque contre Carthage

 


Figure 1 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238 avant JC – Monnaie de 2 Shekels en billon de 12.5 g et de 27 cm portant à l’exergue l’indication « Libyon » en dessous du taureau rugissant – Le portrait à l’avers est attribué par Manfredi et autres à la divinité grecque Zeus –

Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer une divinité autre que celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.

L’année 238 avant J.C coïncide avec l’épilogue de la guerre infâme qui a duré cinq longues années de 241 à 238 avant J.C entre les puniques de Carthage et les révoltés libyques sur le territoire de l’actuelle Tunisie.

Figure 2 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238 avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication « Libyan » en dessous du lion – Le portrait à l’avers est attribué par la documentation à la divinité phénicienne Melkart –

Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer la divinité de l’ennemi et non pas celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.

Parmi les rares monnaies relatives à la révolte Libyque contre Carthage du 3è siècle avant JC (238-241), celle qui attire le plus l’attention est bien cette monnaie indiquant nettement en exergue du revers le nom de la Cité Lybian en lettres grecques.

Une impressionnante monnaie. Celle du lion Libyque rugissant contre l’occupant punique.

Une monnaie en billon très rare rapportée notamment par la collection Bouchereau. Un libraire français passionné d’antiquités et de monnaies qui, au début du 20ème siècle à Alger, a pu confectionner, sans s’en rendre compte, la plus importante collection de monnaies antiques d’Afrique du nord et autres. Une collection heureusement rapportée grâce au catalogue de la vente aux enchères du 19/20 juin 2014 de la maison Drouot à Paris en France.

Figure 3 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238 avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication « Libyan » en dessous du lion rugissant contre l'occupant punique – Le portrait à l’avers est attribué par la documentation à la divinité phénicienne Melkart – 

Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer la divinité de l’ennemi et non pas celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.

Jamais le lion rugissant avec sa crinière en hérisson n’a immortalisé son mécontentement de façon si terrible.

Une monnaie exceptionnelle, d’importance historique, identitaire.

Car elle atteste de l’existence d’un Etat Libyque par la signature du mot « Lybian » en exergue du revers.

La face indiquerait le portrait d’une divinité ou d’un chef Libyque à l’exemple des monnaies du chef Libyco-numide Syfax.

Pourtant, l’ensemble des experts de la rive nord de la méditerranée l’ont toujours attribué à une divinité punique comme celle de Melkart de Phénicie. Une aberration, car la Cité – Etat Libyque, comme attestée par l’indication du nom Libyan sur l’exergue, ne va pas indiquer sur son monnayage le portrait d’un dieu de l’ennemi.

Ces mêmes experts ont également attribué à Zeus le grec le portrait de la monnaie similaire en figure 1 indiquant à son exergue le terme Libyan et montrant cette fois-ci le « rugissement » du taureau mécontent de la colonisation punique.

Ces monnaies « Libyans » ne sont pas nombreuses.

Les experts ont préféré attribuer leur émission à…des mercenaires révoltés contre Carthage pour leurs salaires.

Ils n’ont pas fait l’effort de s’orienter vers l’existence d’une cité – Etat- Libyque émettrice de monnaies au même titre que Carthage, Athènes ou Rome.

La plupart des experts s’alignent encore aujourd’hui  sur les mêmes « rapports » et écrits de l’antiquité classant les peuples Libyques comme des sauvages incapables de se constituer en Etat et d’émettre des monnaies. C’est Hérodote le grec qui, le premier au cinquième siècle avant JC, a inventé le terme Barbare pour désigner de sauvages les peuples nord africains.

Mais en ce début du 21ème siècle, les études archéologiques et les nouvelles découvertes semblent inverser ces attributions. L’une d’elles se prononce bel et bien pour l’existence d’un Etat Libyque saharien.

C’est David Mattingly de l’Université de Leicester qui fait un bond significatif pour la reconnaissance d’un Etat Libyque Saharien de l’antiquité, celui des Garamantes, composante des peuples Libyques (Gétules, Numides…), dont les vestiges archéologiques sont encore visibles auprès du Fezzan tripolitain en Libye actuelle. Les avancées de David Mattingly contredisent ainsi les affirmations des historiens qui considéraient les tribus Libyques de l’antiquité, mis à part les numides, incapables de se gérer en un Etat capable d’émettre des monnaies.

Son article de 2001, paru dans la revue « Antiquités africaines » (volume 37), énumère les preuves archéologiques, pourtant disponibles depuis longtemps, pour se prononcer bel et bien sur l’existence d’un Etat Libyque « Saharien ».

Un Etat qui côtoyait les Pharaons et qui recevait de l’argent des taxes de la part des puniques en contre partie des comptoirs de commerce installés tout le long de la côte du nord de l’Afrique depuis un millénaire avant J.C.

Avec l’Egypte des Pharaons, les Libyques vivaient parfois en parfaite symphonie amicale à l’exemple du pharaon Séthi 1er et son fils dont la tombe royale montre sur ses murs au moins trois peintures de personnages élégants de Libyques (Figure 4)…très loin de l’image de « Barbare » façonnée par Hérodote le Grec au 5è siècle avant J.C.

Figure 4 – Peinture d’un Libyque visible sur les murs de la tombe du fils du pharaon égyptien Séthi 1er. L’élégance du personnage indique qu’il s’agit d’une haute personnalité libyque en étroite liaison amicale aves les pharaons au point d’avoir l’honneur de figurer dans une pyramide funeste des pharaons d’Egypte – Réf. ARTmedina-tounes.

Pour l’histoire, il y a lieu de rappeler que les relations amicales entre les Libyques et Carthage la punique se sont détériorées à partir du 4ème siècle quand le petit punique à ses débuts en Afrique du nord devenu assez grand a refusé de payer son dû locatif aux Libyques pour ses divers comptoirs de commerce installés le long du littoral d’Afrique du nord.

Pour cela, des guerres ont eu lieu entre Puniques et Libyques dont la plus infâme, objet du présent article, celle de 241 à 238 avant J.C, a été abondamment relayée par les historiens et même les romanciers comme Gustave Flaubert.

L’historique rapportée de cette guerre est un amalgame entre la révolte des mercenaires non payés par Carthage et celle de l’Etat Libyque qui, en fait, a profité du déclenchement des hostilités entre mercenaires et puniques pour ouvrir un deuxième front contre le colonisateur Carthaginois en vue de libérer leur territoire nord-africain.

Une révolte des Libyques contre Carthage pour libérer leur terre alors que les mercenaires de l’armée de Carthage se révoltaient pour leur salaire.

L’histoire reconnait tout de même que les Libyques ont failli remporter la victoire contre Carthage, si ce n’est la traitrise de l’un des leurs, le chef Navaras, qui s’est aligné contre son peuple au profit de Carthage… pour les beaux yeux de la belle princesse carthaginoise Sonophibe et…pour la grande joie du romancier Gustave Flaubert.

Monhel

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jeudi 12 juin 2025

2025, où va le monde ? Alerte rouge.


« La fibule berbère, la Melia et le vœu de la paix » : Cahier artistique ARTmedina-tounes n°01, 2015 révisé en 2017, Moncef Helioui, Amazon.

(Mise à jour du 28.6.2025)

En ces jours de juin 2025, période d’extrême tension, les querelles virent à l’atomique.

La catastrophe nucléaire montre son nez russe pour mettre à genoux l’Ukraine. L’objectif étant la capitulation. Avec la bénédiction de Trumph.

En contrepartie, feu vert de Poutine pour anéantir l’arsenal atomique de l’Iran. Un Poutine ...qui vendrait.... pour son propre intérêt. Que dire alors du respect de ses mémorandums d’accords.

Israël profitera gratis de la force de frappe américaine pour se débarrasser de la dernière menace islamique sérieuse. La frappe est imminente au vu du retrait des bases et missions diplomatiques américaines de la région. L’objectif est double pour les deux alliés. Netanyahou se consacrera à la réalisation du grand Eretz, vœu assez cher de son pieu pater, son guide spirituel. Trumph trouverait son compte loin du spiritualisme pour réaliser son récent rêve immobilier de l’eldorado proche oriental.

L’autre géant chinois se frotte les mains en regardant le degré d’armement de ses deux grands rivaux s’amenuiser. Tout en bien préparant l’invasion imminente de Taiwan. Avec également la bénédiction deTrumph qui, comme avec Poutine, aurait conclu l’accord avec Xi lui permettant de continuer les échanges commerciaux avec Taiwan annexée. Sans inquiétudes américaines pour les terres rares et autres secteurs stratégiques. Pour Xi, outre l’accord qui vient d’être conclu pour les droits de douane, il ne serait plus emmerdé pour les droits de l’Homme, ni pour le génocide des musulmans Ouighours.

Le nouvel ordre serait ainsi tripartite. Chacun dominera sa sphère régionale sans immiscions dans les affaires de l’autre.

Les puissances économiques européennes et autres, du Japon à l’Australie, dont l’arsenal guerrier a somnolé, elles s’aligneront selon leurs intérêts.

Si en face de l’atomique, l’Ukraine capitulera à coup sûr comme se fût le Japon en face de l’Amérique, le point encore obscur est la capacité de riposte des iraniens. Une possible catastrophe nucléaire qui pourrait entrainer dans le gouffre tout le proche orient. Les Américains ont surement mesuré la probabilité pour que cela ne se reproduise pas… Tout de même, en faisant éloigner leurs résidents de la région.

Dans « La fibule berbère, la Melia et le vœu de paix de Nemni»*, cahier artistique, loin de l’alignement politique, j’ai attiré l’attention en 2015, puis en 2017, sur l’escalade dangereuse au proche orient emmenée par les courants extrémistes. En 2025, les extrémistes en débordé la sphère orientale et sont déjà au commande de la plupart des démocraties occidentales virant ainsi en des démocraties dictatoriales.

J’aurai aimé que le vœu de paix de Nemni soit réalisé en premier lieu. Pour le bien de l’humanité. Pas celui de dictateurs.

* « La fibule berbère, la Melia et le vœu de la paix de Nemni » : Cahier artistique ARTmedina-tounes n°01, 2015 révisé en 2017, Moncef Helioui, Amazon.

Monhel

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jeudi 6 juin 2024

La Chapelle de Carthage du Saint Louis 9 édifiée en 1841 par Ahmed 1er Bey (1837-1855), rasée en 1950 par le « Protectorat » français en Tunisie

Mais quelle mouche a piqué le « Protectorat » français pour détruire une aussi belle petite chapelle pleine d’émotions historiques et religieuses. Un magnifique petit écrin lumineux perché en haut de la colline de Carthage en hommage au Saint Louis 9 dont la dépouille a été ensevelie avec dignité sur cette terre accueillante berbéro punique. Depuis la fin des croisades et pour la première fois, la croix chrétienne est perchée ouvertement sur un bâtiment en terre d’Islam. Une chapelle témoignant de l’ouverture aux cultes monothéistes par ce petit pays flanqué à l’extrême pointe de l’Afrique en face de l’Europe appelant toujours à la paix entre les peuples et ayant toujours contrecarré avec justesse les courants extrémistes de tous bords.

Photo de gauche : Chapelle du Saint Louis 9 de style néogothique photographiée en 1888 - Construite sur la colline de Carthage sous l’impulsion du Roi de France Louis Philippe 1er , tout près du lieu où périt le Saint Louis 9 en route vers Jérusalem pour la dernière de ses croisades – Les travaux de sa construction débuteront en 1841 pour s’achever en 1845 sous la dynamique du puissant Guiseppe Raffo, « Oncle et Ministre» du Bey, et de Lella Jeannet, Francesca Rosso la Tabarquine de Sardaigne, mère d’Ahmed 1er Bey (1837- 1855) dit le Bey Sarde – Elle sera détruite en 1950, geste malheureux du « Protectorat » français, pour ne laisser place qu’à la grande basilique édifiée en 1890. 

Photo de droite : Dès le début des travaux, le Roi de France Louis Philippe 1er a commandé une statue de Louis 9 qui sera sculptée en marbre par Charles Emile Seurre et envoyée à Carthage en 1841  -– Réf. ARTmedina-tounes –

LAbbé Fourcade a été le premier à avoir posé ses simples bagages à la Chapelle St Louis 9 et consacré sa vie à son entretien, en veillant chaque année le 25 Août à la remémoration du Saint Louis 9 à l’occasion de la date de son décès.

Assez diplomate, intègre, pieux et croyant à la paix entre les différentes communautés monothéistes arabes, chrétiennes et juives, il a tissé des relations amicales avec les habitants d’alentour. Il a créé une école et un dispensaire hôpital. Passionné d’archéologie, il était parmi les premiers à avoir prospecté les ruines de Carthage la punique. Ouvert, il a partagé ses connaissances et trouvailles en publiant pas moins de 5 publications. L’actuel musée de Carthage a été  bâti sur le lieu créé à cet effet par l’Abbé Fourcade.

En guise de récompense, l’Abbé Fourcade a été diabolisé pour ses positions jugées  pro arabes et éloigné des coins merveilleux de sa Carthage et de la piété du Saint Louis. Extrêmement affecté, on l'a  laissé mourir à l’agonie à cause de ses positions politiques. En extrême précarité dans une misérable demeure au Mont rouge près de Paris.

Paix à l’âme de l’Abbé Fourcade et reconnaissance à l’œuvre de ce petit Franco-tunisien de cœur qui a réalisé autant d’entreprises de bienveillance que la mère Théresa. Il mérite en effet le prix Nobel de la paix.

Monhel

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mardi 7 mai 2024

Théodose et l’interdiction des jeux olympiques durant 17 siècles

Monnaies romaines – Monnaie en bronze à attribuer soit à Théodose 1er (379-395 JC) ou à Théodose 2 (408-450 JC). Pb182 lt 11.

Rappelez-vous que c'est l’empereur romain Théodose 1er (379-395 JC) qui fût à l'origine de l'interdiction du paganisme dans l'empire romain.

Par son édit d'interdiction* des cultes non monothéistes (paganisme) et d'instauration du catholicisme comme religion d'état de l'empire romain, Théodose 1er a cimenté en 380 JC la relation ETAT-RELIGION pour une longue période calamiteuse pour l'humanité.

Déjà, sous l'influence de l'évêque Ambroise de Milan, il supprima les dernières manifestations officieles du paganisme dans l'empire en interdisant les jeux Olympiques accusés de diffuser les religions païennes.Il publia également une loi interdisant l'homosexualité et punissant de mort les homosexuels.

Il aura fallu 17 siècles d'endurance pour que le monde civilisé puisse enfin séparer un tout petit peu l'ETAT de l'EGLISE. Avec beaucoup de mal et de sang. Les Français arrivent les premiers en 1789 à la déclaration universelle des droits de l'homme. Des droits bafoués pendant des siècles non pas par les concepts de la religion monothéiste mais par les "religieux politiques" qui se sont donné le droit de les appliquer en s'impliquant dans la gouvernance. Pendant des siècles, l'homme n'avait plus le Droit de penser, innover, créer, s'épanouir, construire...en dehors des commandements du créateur.

D'Hypathie la mathématicienne directrice de la bibliothèque d’Alexandrie, exécutée par ordre de l'église de Théodose, jusqu'à Galilée qui a osé affirmer que la terre tourne, que de calamités et d'endurance pour l'esprit humain provoqués par l'ingérence du religieux dans le pouvoir temporel. Alors que le créateur recommande dans ses trois livres saints de penser, d'innover, de créer, de s'épanouir, de construire...librement, sans aliénation.

Il aura fallu un autre Français, Pierre de Coubertin, deux siècles après la déclaration universelle des droits de l'homme, pour rétablir les jeux Olympiques dans leurs droits. Depuis, la flamme olympique ne cesse d’illuminer et d’unir « sportivement » l’ensemble des humains, sans discrimination de races ou de religions. Quoi que, soyons toujours vigilants, car les démons Théodosiens ne ratent aucune occasion pour assombrir la flamme.

*Le Code de Théodose ou Code théodosien (en latin : Codex Theodosianus) est un recueil de décisions impériales romain promulgué en 438 par Théodose 2 (408-450 JC). Il renferme en son sein, l’édit de Thessalonique de 380 JC prononcé par l’empereur Théodose 1er imposant le Catholicisme comme religion d’Etat de l’empire romain.

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dimanche 30 avril 2023

Mahmoud Ben Ayed: Escroc ou victime ?

 Ou, Khayria Bint Mahmoud Ben Ayed, premier discours féministe du monde arabo-musulman

Référence : paragraphe « 03.01.02 - Mahmoud Ben Ayed: Escroc ou victime ? », tiré du  cahier artistique ARTmedina-tounes n°03 : « Système monétaire de la régence de Tunis 1574-1891 », Monhel, 2020, Amazon.

«… 03.01.02 - Mahmoud Ben Ayed: Escroc ou victime ?

Figure 120 - Le Caïd et Général Mahmoud Ben Ayed en tenue de commandant de cavalerie - Né à Tunis en 1805 et décédé à İstanbul en 1880 – «Ministre du commerce» en 1837 dès l’intronisation de son ami Ahmed 1er Bey (1837- 1855) - «Fondateur –Directeur» en 1847 de la banque Al Amal, première banque dans le monde arabo-ottoman – Fondateur de la vallée industrielle d’El Battan El Medjerda - Le seul Caid nommé en même temps à la tête de deux Caïdats stratégiques sur le plan économique, celles de Djerba et de Bizerte – Portrait réalisé par le peintre orientaliste Eugène Delacroix - Réf. ARTmedina-tounes.

Il a été taxé d’escroc, par l’histoire actuelle.

Et s’il en était la victime ? Les deux à la fois ?

Un bâtisseur et un richard qu’on voulait abattre à tous prix, avec son mentor Ahmed 1er Bey (1837- 1855), pour des raisons de jalousie, de pouvoir et de modernité.

Plutôt, un génie. Un dignitaire du Makhzen, les services administratifs territoriaux de la régence beylicale. Un homme d’affaires cultivé, de grande famille historique. Fils de l’armateur et corsaire Mohamed Ben Ayed.

C’est sur ce reflet relevant de la fiction du complot, en contradiction avec l’Histoire « officielle », que le présent cahier s’attarde si peu.

En ne s’arrêtant pas sur le fait incriminé de l’escroquerie, plusieurs indices* militent pour un complot dépassant la propre personne de Mahmoud Ben Ayed (1805-1880). *Voir au paragraphe 03.01.03

Un complot pour écarter Ahmed 1er Bey (1837- 1855), dit le Bey Sarde, le tolérant, ouvert aux religions, au Christianisme et au Judaïsme. Un Bey cultivé, le plus grand réformateur politico-économique qu’a enfanté la régence de Tunis.

Un complot dont Mahmoud Ben Ayed, le bras droit et l’homme de confiance d’Ahmed 1er Bey, a su dévier juste à temps pour sauver sa propre tête en se réfugiant en France en 1852. L’Histoire le qualifie toujours d’escroc fuyard. S’il a pu sauver sa tête, il n’a pas pu malheureusement sauver celle de son mentor le Bey lui-même «décédé» en 1855, de mort naturelle diront la plupart. Ni celle de son bras droit technique, l’ingénieur Charles Benoit assassiné juste avant en 1854.

Avec son sens des affaires, axé sur le développement économique de la régence, une nuance à souligner, Mahmoud Ben Ayed a amassé une grande fortune, de façon légale puisqu’il pratiquait le Fermage (sous-traitance – Voir en Partie 03.04) des entreprises de l’Etat, une option politico-économique légale. En faisant surement profiter son ami le Bey des richesses récoltées.

Caïd et Général, incriminé d’escroc et sous la menace de mort, aucun homme intelligent n’aurait déguerpi à l’étranger, le temps d’organiser sa défense, sans prendre les mesures nécessaires pour assurer sa vie et celle de sa famille. En transférant son argent et en se naturalisant par décret français du 23 septembre 1852. Sa défense devant les tribunaux de Tunis et de France a nécessité beaucoup de temps et d’argent. Elle a donné lieu, entres-autres, à un arrêté favorable de Napoléon 3, mais culpabilisé en longueur dans la régence de Tunis.

En fait, le tort incriminé à Mahmoud Ben Ayed a été sa modernité.

Celle-là même qu’il partageait avec Ahmed 1er Bey (1837- 1855) pour assurer le développement économique de la régence de Tunis au diapason de la révolution industrielle en Europe,  avec l’appui de la France de Louis Philippe 1er et de son fils le Duc de Montpensier.

Culpabilisé non seulement de la part des conservateurs et des cheikhs, mais également de la part de son propre père, entré en conflit avec lui à cause de la création de la banque Al Amal et surtout, à cause de son partenariat avec le juif tunisien, le Caïd Nassim Schemama, qui, selon Jean Ganiage (18), le trahira en 1852 pour le pousser à l’exil et prendre sa place.

En quittant sa Tunisie pour la France, sa vision moderniste l’a bien suivie et il l’a entretenue au sein de sa seconde famille. Une famille qui s’est distinguée au début du 20ème siècle par la conférence de sa fille Khayria présentée à Vienne en langue Allemande et intitulée: «la femme et la question de l’émancipation sociale dans le monde musulman au début du XXème siècle». Une première pour le monde musulman et arabe. Une longue conférence sur le thème du féminisme (conférence traduite en arabe en 116 pages - ISBN 9789973084187) précédant d’une trentaine d’années l’évènement féministe du 20ème siècle en  Tunisie provoqué par l’écrit de Tahar Hadad sur l’émancipation de la femme. Khayria Bint Mahmoud Ben Ayed enfantera une autre grande féministe Nazli qui répercutera la tradition moderniste de la famille entre Orient et Maghreb.

N’ayant pas eu gain de cause suite à ses plaintes contre Nassim Schemama et ses neveux, appuyés par les Beys successifs Mohamed 2 (1855- 1859) et Mohamed 3 Sadok (1859- 1882), qui lui ont extorqués ses biens, et sentant venir les bouleversements de la colonisation française, Mahmoud Ben Ayed ne se sentait plus en sécurité en France et a préféré s’exiler à İstanbul où il mourût en 1880 entouré de ses enfants, dont ses deux fils qui épousèrent des princesses égyptiennes de la dynastie de son ami et modèle le grand réformateur Mohamed Ali.

On ne peut quitter Mahmoud Ben Ayed sans parler de sa grandeur de vivre, que ce soit dans son pays natal ou celui d’accueil où il s’appropria l’hôtel Collot sur le quai Anatole France à Paris, le château de Bouges dans l’Indres ou encore la galerie Mandar (actuelle Galerie Kugel) situé au 25 Quai d’Orsay, célèbre par le récit de Victor Hugo dans « Choses vues » qui rapporte les évènements dramatiques qui y ont lieu en 1832 suite à l’enterrement du Général Lamarque et les émeutes réprimées dans le sang.

Fig. 121 - Château de Bouges dans l'Indres acquis en 1856 par Mahmoud Ben Ayed, l'une de ses résidences en France après son départ définitif de Tunisie en 1852– Réf. ARTmedina-tounes –

De belles résidences qui lui ont permis d’inviter et de côtoyer les plus nobles d’Europe et du monde oriental, guidé toujours par cet esprit des affaires et de création de richesses. Il ne sera ni le premier, ni le dernier tunisien à fuir son pays natal pour des raisons de…réussite, de jalousie et de rancunes.

»…

Monhel

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jeudi 9 mars 2023

La Melia, l’habit unique de la berbère nomade

 Le présent article est une reprise du paragraphe n°02 des « Généralités » du cahier artistique ARTmedina-tounes intitulé : « Bijoux berbères en argent de Tunisie » publié par Monhel le 24.01.2023 chez Amazon. Publié également sur le blog Musée Helioui Ahmed de l’argenterie et des arts.

« …

Fig.G01 - Patrimoine de Tunisie.  Femmes berbères habillées de la Melia originale de couleur bleu indigo et parées d’un ensemble de bijoux dont la Hadida, bracelet de main en argent, brillant en contraste avec le ton bronzé d’une peau tabassée par le soleil – Réf. ART medina-tounes. Photo de carte postale orientaliste. Annexe sur le copyright et les œuvres tombées dans le domaine public.

La Melia est l’habit porté durant des siècles de façon unique et indémodable par la femme berbère nomade d’origine Libyque, judaïsée ou christianisée, ainsi que par la bédouine arabe musulmane intégrée au Maghreb après son arrivée d’Arabie au 8ème siècle.

Les preuves identitaires matérialisées de la Melia et de ses bijoux nous sont parvenues assez tard notamment depuis la naissance de la photographie à partir de 1850 et de la période des peintres orientalistes. Durant cette période, multitudes de photos et de tableaux identitaires montrent la femme berbère et la bédouine arabe intégrée au Maghreb habillées en Melia.

Au départ, les bijoux en argent de la nomade berbère sont conçus en étroite liaison avec l’habit de la Melia et se distinguent par leur poids impressionnant. Un investissement garanti dans le métal mystique des berbères nomades alors que l’or était l’attraction des citadins des villes. Fibules, chaînes et pendentifs étaient à l’origine conçus en argent massif. Plus les bijoux en argent de la Melia étaient lourds et plus le sentiment de bien-être s’emparait du corps de la femme berbère active et battante pour la survie de la communauté. Une activité rythmée à chaque démarche dorlotée par le soleil en plein désert et dans les oasis. Depuis les deux bouts des seins écrasés par les Khlel (Fibules), au fin fond du corps et de l’esprit. Synchronisée par la grâce de ce mystique métal en argent dont la blancheur éclatante se marie à merveille avec la peau brunâtre tabassée par le soleil de la belle des oasis.

Avant leur intégration au Maghreb, les bédouins arabes arrivés au 8ème siècle en Afrique du nord avaient leurs propres habits, bijoux et coutumes spécifiques à la région d’Arabie. (Les bédouines d’Arabie s’habillaient en Djellabia ne nécessitant pas l’emploi de fibule, l’indispensable outil de la Melia). Ils avaient pour langue l’arabe et pour religion l’Islam. Ils se sont confrontés aux Libyco berbères originaires de l’Afrique du nord qui leur étaient différents par la langue (Berbère descendant du Libyque qui a évolué actuellement en langue Tamazighte écrite en Tifinagh), la religion (Croyances solaire et animale, judaïsme et christianisme) et les coutumes (Habits dont la Melia et ses bijoux en argent).

Pour se distinguer, ces communautés diverses ont introduit à leurs bijoux en argent d’origine berbère des symboliques propres à leur croyance religieuse telles que la croix de David à 8 branches ou la main de Shaba à 7 doigts pour les femmes juives (main inédite rapportée et dénommée par Monhel), la croix de Jésus pour les chrétiennes, la main de Fatma à 5 doigts ou les ronds lunaires avec ou sans croissant pour les bédouines arabes musulmanes (Voir en chapitre 08-05).

… ».

Monhel

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jeudi 2 mars 2023

« Bijoux berbères en argent de Tunisie »

 

C’est le titre du n°4  des cahiers artistiques ARTmedina-tounes.

Récemment publié, il est disponible chez Amazon en versions ebook et papier.https://www.amazon.fr/Bijoux-berb%C3%A8res-en-argent-Tunisie/dp/B0BSWY5XH1/ref=sr_1_5?qid=1677806339&refinements=p_27%3AMoncef+Helioui&s=books&sr=1-5 

Ci-après sa note de description telle que présentée par Amazon:

« C’est un héritage heureux qui a fait bénéficier l’auteur d’un ensemble de bijoux berbères en argent et que très tôt, l’idée de les collectionner a germé dans sa tête jusqu’à aboutir à ce 4ème cahier artistique. Un document voulu pour laisser une trace contribuant soit peu à la sauvegarde du patrimoine multiethnique de Tunisie.

Pour lui, l’important pour cette première étape de publication est de répertorier le maximum de bijoux originels permettant une première sauvegarde de référence.

Une sauvegarde permettant aussi de sortir de l’oubli de merveilleux bijoux méconnus et inédits. Comme la boucle de ceinture de la Melia en argent de conception creuse, propre à la Tunisie, tombée dans l’oubli (Chapitre 14). Ou l’inédite «Main de Shaba» à 7 doigts, signe distinctif juif, rapportée et dénommée de la sorte par Monhel en allusion à une célèbre reine juive africaine (Chapitre 8.4.2).

Fig.101* Berbéro bédouine portant l’habit Melia et ses bijoux en argent, prise en photo par  l’orientaliste J. Garrigues connu pour avoir photographié la communauté juive de Tunisie et d’Alger. La main de Shaba à 7 doigts, symbolique juive, figure parmi les pendentifs de la parure de poitrine de la Melia. Réf. ARTmedina-tounes - Musée virtuel Helioui Ahmed de l’argenterie du patrimoine et des arts.

A côté de la référence matérielle du patrimoine de bijoux berbères en argent, l’auteur souligne l’importance de la référence identitaire constituée par les œuvres des photographes et peintres orientalistes. Un legs orientaliste de valeur immense par sa richesse artistique et culturelle qui a contribué à comprendre et conforter la signification de chaque bijou berbère en argent de par son emplacement sur l’habit de la Melia. Un legs redevable d’estime et de reconnaissance d’autant plus que l’ensemble de ces œuvres ayant dépassé pour la plupart les soixante-dix années d’existence, relève désormais du domaine public.

Quant à l’habituelle réflexion d’artiste pour ce cahier, elle est traitée cette fois-ci dans la partie «Généralités». Une réflexion liée au gâchis énorme observé durant la 2ème moitié du 20ème siècle engendrant la perte irrémédiable de la plupart des bijoux berbères en argent passés par le four de fusion des artisans bijoutiers des souks pour en faire des bijoux à la mode, comme ils disent…. »

L'auteur, né en 1952 à Tunis, est chercheur universitaire, diplômé en 1981 de l'université des sciences et techniques de Villeneuve d'Ascq à Lille en France. Collectionneur de bijoux berbères en argent, numismate et peintre, il œuvre pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine multiethnique du «Maghreb africain», selon sa propre désignation. »

*La figure 101 mentionnant la main de Shaba ne fait pas partie de la note de description. Elle figure en page 87 du cahier artistique n°04 d'ARTmedin-tounes

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jeudi 10 septembre 2020

Système monétaire de la régence de Tunis 1574-1891 – Répertoire des monnaies beylicales en images

 

Le N° 3 de mes cahiers artistiques ARTmedina-tounes vient de paraître chez Amazon: «Système monétaire de la régence de Tunis 1574-1891 – Répertoire des monnaies beylicales en images» https://www.amazon.fr/dp/B08GLQXMPD


Ci-après, la note de description:

«Le numéro 03 des cahiers artistiques ARTmedina-tounes est un répertoire de monnaies beylicales en or, en argent et en cuivre de la régence de Tunis, depuis l’annexion ottomane en 1574 à fin 1891, l’année de mise à l’écart définitif du système monétaire du Ryal (Piastre) et l’entrée en application effective du système monétaire du Franc.

La clarification du système monétaire beylical et des dénominations des monnaies ainsi que l’harmonisation entre les termes de vocabulaire locaux et européens ont été à l’origine de son élaboration. Sa Partie 01 leur sera amplement consacrée. Le but étant de lever les confusions véhiculées par certaines sources documentaires et autres catalogues de numismatique.

Son objet, à ne pas confondre avec un catalogue de numismatique listant les monnaies et fixant leur cote marchande, est d’abord la promotion et la sauvegarde du patrimoine numismatique de Tunisie.

Le répertoire de monnaies, traité en Partie 02, est accompagné d’innombrables photos de la plupart du monnayage en or, en argent et en cuivre de la régence de Tunis. Des photos, certes, pas au top de la qualité, mais d'utilité pratique pour la reconnaissance de visu des différentes monnaies. Le manque de monnaies beylicales à cause de leur déperdition et leur rareté, même dans les musées de Tunisie et dans le monde, a fait que la plupart des photos proviennent de collections privées et autres inédites anonymes.

Quant à la réflexion d’artiste, particularité des cahiers artistiques ARTmedina-tounes, traitée en Partie 03, elle va à la rencontre de personnages influents ayant côtoyé le Bey réformiste Ahmed 1er (1837-1855), dit le Bey Sarde, initiateur de la réforme monétaire de 1847. A leur tête, Mahmoud Ben Ayed, l’ami intime et insoupçonné du Bey, le bâtisseur chargé des réformes économiques et qui, sous la menace, réprimé pour sa modernité et ses réformes, s’est vu obligé de se réfugier en France en 1852. Est-il vraiment un escroc comme l’ont taxé les historiens ? Une victime ? Y a-t-il eu un complot contre sa personne et son mentor Ahmed 1er Bey ?

Parmi les intrigues entourant Mahmoud Ben Ayed, le présent cahier divulgue pour la première fois l’existence d’un somptueux monument qu’il a bâti dans la banlieue sud de Tunis au bord de la plage et qui est passé inaperçu aux yeux des historiens et des archéologues. Ce monument aurait-il abrité une partie de ses trésors ? La partie 03.01.04 s’y intéresse.

En parlant de Mahmoud Ben Ayed, le bâtisseur de la vallée industrielle située à El Battan d’El Medjerda à une vingtaine de kilomètres de Tunis, on ne peut ne pas parler de son maître d’œuvre, le jeune ingénieur français Charles Benoit, dont la destinée l’a vite amené à la réalisation des plus grandes réformes de la régence de Tunis dès l’intronisation d’Ahmed 1er Bey en 1837. En plus de ses réalisations industrielles et ses manufactures de haute technologie de l’époque, Charles Benoit sera le concepteur de la réforme monétaire de 1847 et l’architecte du nouvel hôtel des monnaies Dar Essika du Bardo. Sans oublier le nouveau palais beylical d’Al Ahmedia et non Mohamedia comme usurpé par son successeur Mohamed 2 Bey (1855- 1859). Al Ahmedia est un palais de prestige et de grandeur à la «Versailles» comme l’a rêvé son initiateur Ahmed 1er Bey (1837-1855), aménagé de 1844 à 1854 et abandonné par un successeur « débauché », « rancunier » et « jaloux », avant d’être gommé par le despote éclairé de 1957. 

Quant aux annexes, elles présentent des informations culturelles originales liées au patrimoine. Comme l’annexe 14 relative à la médaille d’or de notre maître artisan bijoutier joaillier Ahmed Helioui, obtenue en 1925 à Paris pour la conception de la dentelle en argent. Ou encore l’annexe 15, plutôt actuelle, liée au traitement des collections familiales par l’Administration et qui appelle à l’élaboration d’une nouvelle stratégie de gestion du patrimoine axée sur la rentabilité économique et le partenariat Public – Privé, gagnant-gagnant. »

Monhel

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vendredi 7 août 2020

Monique Mueller Barbier – Paix à son âme

 

Elle nous a quittés le 7 août 2019 à l’âge de 90 ans dans sa ville chérie Genève.

Paix à son âme.

Fig. 01 – Monique Mueller la souriante

La vie durant, elle a baigné dans l’Art depuis sa venue au monde. Avec un père collectionneur de tableaux contemporains de Picasso, Matisse…, elle suit le même chemin avec, aussi, la même attirance vers l’art Africain.

Fig.02 – Art Africain – Sculpture sur bois -

Avec un mari collectionneur d’arts « lointains », termes préférés à arts « primitifs », elle se retrouve à la tête de la plus grande collection au monde de provenance africaine, asiatique ou sud-américaine. Le Musée et la Fondation créés à Genève aux noms de Mueller-Barbier garderont leurs âmes vivantes au grand bonheur des visiteurs proches et lointains

Fig.03 – Musée Barbier-Mueller à Genève

On ne peut oublier la sensible et la grande mécène.

L'amoureuse des Arts.

Ni elle, ni son père Joseph Mueller, ni son mari Jean Paul Barbier à qui nous avons consacré un article publié le 01.05.2019 sur notre blog ARTmedina-tounes.

Fig. 04 - La jeune Monique Mueller en 1953 avec Jean-Paul Barbier au temps des fiançailles - Réf. Musée Barbier-Mueller à Genève -

On ne peut pas les oublier, car ils ont consacré leur vie "contre l’oubli" des  déconsidérés. Les ethnies gommées, oubliées, parfois massacrées. En récoltant leurs infimes traces et objets, délaissés dans le monde, notamment en Afrique et en Asie, pour faire revivre leurs âmes dans les expositions et les musées.

Salut l’artiste.

Avec un brin de jasmin de la Medina de Tunis.

De la part de Monhel qui a adopté la devise de « Contre l’oubli », si chère à J.P.Barbier.

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jeudi 6 février 2020

Rudolf Lehnert – Berbéro-bédouines dénudées: Contre l’oubli


Photographe orientaliste de renommée mondiale, Rudolf Lehnert est né en 1878 en Autriche. Mort en 1948 en Tunisie, son pays de cœur.
Figure 01 – Rudolf Lehnert (1878- 1948) et son appareil photographique de haute technologie de l’époque - (Réf. ARTmédina-tounes; Cahier 01).
Sa technicité remarquable, il la détient grâce à sa formation dans la première école de photographie au monde créée en 1888 à Vienne en Autriche.
Il s’installe en 1904 à Tunis avec son associé Allemand Ernest Landrock chargé de la gestion commerciale de leur entreprise photographique. Entre 1904 et 1914, il photographie la Tunisie, l’Algérie et la Lybie.
A la veille de la première guerre mondiale (1914-1918), il est arrêté pour espionnage, emprisonné et ses œuvres confisquées, avant de se retrouver réfugié en suisse durant la guerre.
En 1924, il s’installe avec son associé au Caire pour photographier l’Egypte et la Palestine. Sa nostalgie et sa passion pour la Tunisie l’incita à s’y réinstaller en 1930 pour ne plus la quitter jusqu’à sa mort en 1948 où il est enterré au côté de son épouse au cimetière de Carthage.
Ses œuvres photographiques couvrent la ville arabe, les rues, les souks, les oasis, les portraits et les métiers sous toutes ses formes dont le plus vieux au monde.
Monhel les classe en deux catégories: les «photos orientalistes identitaires» et les «photos orientalistes de mise en scènes».
Les photos orientalistes identitaires constituent un legs culturel et une référence historique de grande valeur pour le patrimoine multiethnique de Tunisie. Une empreinte identitaire depuis la deuxième moitié du 19ème siècle, coïncidant avec la naissance de la photographie, jusqu’à la fin de la première moitié du 20ème siècle. Des photos permettant de retrouver durant cette période les habits originaux des différents groupes ethniques, leurs bijoux, les métiers, les ustensiles de cuisine, l’architecture…
Figure 02 - Rudolf Lehnert – Bédouine sur carte postale portant l’habit de la Melia de Tunisie, parée de ses bijoux typiques en argent:
- deux fibules rondes en argent liées par une chaine à trois pendentifs, deux mains de Fatma et un rond lunaire, et un talisman
- Collier du raz du cou à trois chaines avec pendeloques à chainettes
- Double foulards retenus avec une chaine au-dessus de la tête dont les extrémités portent deux grandes boucles pendantes en face des oreilles
- Deux bracelets de main, de petite et moyenne largeur
La bédouine est assise sur un banc à coude couvert par une couverture en laine, à côté d’une Charbia (gargoulette) à eau - Carte postale 867 de la marque LL: Lehnert et Landrock - (Réf. ARTmédina-tounes; Cahier 01).
Pour les photos orientalistes de «mise en scène», non identitaires selon la distinction de Monhel, R.Lehnert s’est avéré un scénariste hors pair en produisant une photographie érotique au décor et aux personnages orientalistes.
Les photos de nus de R.Lehnert ont circulé sur cartes postales dans le monde entier et se sont révélé un grand succès commercial. On dit qu’elles ont été mises en scène avec des modèles professionnels issus de maisons closes de Tunis, Alger ou Tanger. Toujours est-il qu’elles ont été produites à but lucratif encouragées par la propagande colonialiste.
Rudolph Lehnert a été parmi les talentueux photographes orientalistes, à côté de Joseph Geiser, Léon et Levy…, qui mettront en scène des berbéro-bédouines dénudées, femmes et enfants, dont les photos à but lucratif serviront à garnir les cartes postales de la France colonialiste. Une France qui a laissé faire lorsqu’il s’est agi de groupes ethniques, musulmans et juifs, indigènes comme ils disent, berbéro bédouines, filles et garçons. Une France qui ne l’a pas permis pour les français chrétiens, filles et garçons… puritains.
Figure 03 - Rudolf Lehnert – Photo d’enfants complètement dénudés – (ARTmedina-tounes)
La question la plus embarrassante a trait à la mise en scène d’enfants nus. Beaucoup de critiques trouvent ces photos et ces cartes postales osées, provocantesde haute qualité technique, mais aussi, offensantes à l’identité arabo-musulmane.
Figure 04 - Rudolf Lehnert – Chef d’œuvre photographique en noir et blanc mettant en relief l’ombre d’une bédouine nue au centre de son Sefsari à voile, à l’entrée du Ouist Ed Dar (Centre à ciel ouvert de maison typique arabe) – Réf. ARTmedina-tounes -
Sans nul doute, Rudolf Lehnert est l’un des plus brillants photographes orientalistes qui ont exercé en Tunisie et qui, par ses œuvres notamment identitaires, a gravé une empreinte artistique multiethnique et inestimable pour le patrimoine de la Tunisie lors de sa période orientaliste.
Figure 05 - Rudolf Lehnert – Photo d’enfant de bédouine dénudée montrant la moitié du sein, parée de deux bracelets en argent à la main et de Khors (Boucles d’oreilles) à tête de serpent aux oreilles fleuries – (ARTmédina-tounes).
Ses cartes postales sont reconnues par la marque L.L, initiales de Lehnert et son associé Landrock, à ne pas confondre avec la célèbre marque plus ancienne L.L de Léon et Levy installés en France.
Figure 06. - Rudolf Lehnert – Photo de type identitaire, selon la classification de Monhel, montrant un tunisien en habit traditionnel et accessoires typiques:
- Djebba de couleur ocre en tissu Stakrouda (Lin), brodée de motifs Naouaras (double motifs de fleur ronde placés en position de poitrine) en fil de coton vert olive, au-dessus d’une chemise blanche et couverte à moitié par un Burnous (Cape) en laine blanche porté sur les épaules
- Chechia rouge sur la tête enroulée par une Kechta (multitude de fils tressés en laine blanche) –
-Fleur Kronfol rouge et un Mechmoum en Jasmin blanc retenus par la Chechia au-dessus des oreilles - 
Réf.Carte postale LL 530 de Lehnert et Landrock (ARTmédina-tounes).
Aujourd’hui, la cote artistique de R.Lehnert est sans cesse croissante. Ses photos traduisent la haute qualité technique du photographe et du metteur en scène. Outre l’aspect technique des photos de R.Lehnert, leur contemplation apporte pour beaucoup, de la passion et du rêve bienfaisant, nostalgique. 
Loin des polémiques causées par l’utilisation des photographies de nus entreprises à une époque donnée, faisant partie de l’Histoire, les œuvres orientalistes, photos et peintures, pourraient constituer une formidable plateforme de communication artistique et culturelle entre les deux rives de la méditerranée, de retombées culturelles et économiques rentables pour la Tunisie diverse et multiculturelle.
Figure 07 – Photo de tunisienne juive aux seins nus, portant la coiffe triangulaire de symbolique juive au-dessus de la tête - Réf. Carte postale orientaliste anonyme (ARTmedina-tounes).
Ceci est pour l’aspect technique et de promotion du patrimoine.
L’aspect négatif, à classer, mais à ne point oublier, est le mal causé aux groupes ethniques des berbéro bédouins, musulmans et juifs, dits indigènes, vulnérables par la pauvreté économique subie et favorisée par la France colonialiste.


Figure 08 – Rudolph Lehnert – Photo d’enfant berbéro-bédouine, complètement nue, parée uniquement de ses bijoux typiques en argent:
-Collier en argent de poitrine avec un rond massif ouvert à chainettes et pendeloques
- Collier en agent du raz du cou à chainettes et pendeloques à moitié caché par un autre collier à perles
– Bracelets de moyenne largeur aux mains
– Khors (Boucle d’oreilles) retenu sur les cheveux –
La musicienne brandit entre ses deux mains le Tar (outil de musique arabe constitué de la peau de chameau étirée et retenue par un rond cylindrique en bois fin d’épaisseur environ 10 cm, troué 5 fois en positions hexagonales; chaque trou retenant 2 à 3 ronds en cuivre, permettant de provoquer au moindre mouvement le son caractéristique du Tar – Réf. Carte postale de R.Lehnert - (ARTmedina-tounes).
Le reproche à ces talentueux photographes et peintres orientalistes est d’avoir profité de la misère des gens pour les dénuder à but commercial et de prostitution, surtout lorsqu’il s’est agi d’enfants, en contradiction avec les concepts de leur culture et en bafouant leur dignité, leur respectabilité. Aidés en cela par l’effet pervers du colonialisme et sa propagande.
Les dénuder pour vendre leur chaire sur les cartes postales partout dans le monde, en leur incrustant en même temps une image de marque irrémédiable de miséreux, au su et vu des autorités coloniales qui laissaient faire lorsqu’il s’est agi « d’indigènes ». Des actes de nudité et de prostitution plus que condamnable lorsqu’il s’agit d’enfants.

Figure 09 - Rudolf Lehnert – Photo d’enfant à moitié dénudé - (ARTmédina-tounes).
Justement, c’est contre l’oubli, pour que cela ne se reproduise plus, qu’il faudrait constamment remémorer ces actes bafouant la dignité et la respectabilité d’autres groupes ethniques, petits ou grands, qui, à un moment donné de l’Histoire, malgré leur passé glorieux, se sont retrouvés vulnérables.
Ce qui s’est passé avec les enfants des berbéro bédouins dénudés sur les cartes postales, tout comme les groupes ethniques africains montrés dans des cages à zoo à Vincennes sous les autorités coloniales françaises, est de la même ampleur intentionnelle de ce qui s’est passé avec le groupe ethnique juif qui a subi la même indignité et, circonstances aidant, le plus pire jusqu’à l’extrême horreur de l’holocauste.
Figure 10 – Photo de femmes et enfants dénudés et exposés sur la Revue Voila du 16 Janvier 1932, avec comme slogan révélateur« Comme il vous plaira - Vierges noires de Djibouti » - (ARTmedina-tounes)
Dans ses cahiers artistiques ARTmedina-tounes n°01 et n°02, intitulés: «La fibule berbère, la Melia et le vœu de la paix» et «Les Tabarquins et le corail rouge de Tunisie», publiés en 2015 et en 2017 et distribués sur Amazon.fr, l’auteur demande* aux autorités françaises  qu’il est temps de présenter des excuses officielles aux groupes ethniques colonisés, femmes et enfants, pour le mal causé par la France colonialiste en laissant publier leurs photos nus sur les cartes postales françaises.
Car, sans excuses, nul pardon.
«Contre l’oubli, pour le pardon» est le slogan affiché dans les cahiers artistiques suscités de l’auteur qui renouvelle par la présente sa demande* à qui de droit pour que la France, le pays de la déclaration des droits de l’Homme, fasse le geste noble de s’excuser pour les torts subis par les berbéro bédouins et les dits indigènes, maltraités et offensés dans leur dignité.
Le « Contre l’oubli » sera toujours dans nos mémoires et le doigt toujours pointé sur l’Hexagone colonialiste pour que l’infâme indignité ne se reproduise plus.
Nous avons parlé de la manipulation malsaine à travers les cartes postales française de nus des berbéro-bédouins, femmes, hommes et enfants.
Nous n’avons pas encore parlé des objets d’Arts détournés par la France colonialiste et toujours exposés dans ses musées, sans honte et sans dignité.
Monhel
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*Lors de la visite d'Emmanuel Macron à Tunis en 2018, et toujours dans sa démarche de «Contre l’oubli, pour le pardon», l’auteur a renouvelé sa demande par mail au cabinet présidentiel de l’Elysée et à l’Ambassade de France à Tunis, restée toujours sans réponse.