Fig.1 - Peinture d’un Loubique visible
sur les murs de la tombe du fils du pharaon égyptien Séthi 1er.
L’élégance du personnage indique qu’il s’agit d’une haute personnalité Loubique
en étroite liaison amicale avec les pharaons au point d’avoir l’honneur de
figurer dans une pyramide funeste des pharaons d’Egypte – Réf.
ARTmedina-tounes.
Parmi les rares monnaies relatives à la révolte Loubique contre les Puniques de Carthage du 3è siècle avant JC (238-241), celle qui attire le plus l’attention est bien cette rare monnaie Loubique indiquant nettement le nom de la Cité Lybian en exergue du revers.
Fig.2 - Révolte Loubique contre Carthage
de 241-238 avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication
« Libyan »(en lettres grecques) en dessous du lion rugissant contre
l'occupant Punique - Réf.Web*.
Jamais le lion rugissant avec sa crinière en hérisson n’a
immortalisé son mécontentement de façon si terrible.
Une impressionnante monnaie. Celle du lion Loubique rugissant contre l’occupant Punique.
Fig.3 - Révolte Loubique contre Carthage
de 241-238 avant JC – Monnaie en billon indiquant le portrait d’un chef
Loubique sur sa face et le lion rugissant contre l’ennemi sur son revers.
Une monnaie exceptionnelle, d’importance historique, identitaire.
Car elle atteste de l’existence de la Cité Etat Loubique par la
signature du mot « Lybian » en exergue du revers.
La face indiquerait un chef Loubique à l’exemple des monnaies du
chef Libyco-numide Syfax.
Pourtant, l’ensemble des experts de la rive nord de la méditerranée
l’ont toujours attribué à une divinité Punique, celle de Melkart de Phénicie.
Une aberration, car la Cité Etat Libyque, comme attestée par l’indication du
nom Libyan sur l’exergue, ne va pas indiquer sur son propre monnayage le
portrait d’un dieu de l’ennemi.
Ces monnaies « Libyans » sont très rares*.
Les « experts du nord » ont préféré attribuer leur
émission à…des mercenaires révoltés contre Carthage pour leurs salaires.
Ils n’ont pas fait l’effort de s’orienter vers l’existence d’une
Cité Etat Libyque émettrice de monnaies au même titre que Carthage, Athènes ou
Rome.
La plupart des experts s’alignent encore aujourd’hui sur les mêmes
« rapports » et écrits de l’antiquité classant les peuples Loubiques
comme des sauvages incapables de se constituer en Etat et d’émettre des
monnaies.
Mais en ce début du 21ème siècle, les études
archéologiques et les nouvelles découvertes semblent inverser ces attributions.
L’une d’elles se prononce bel et bien pour l’existence d’un Etat Libyque
saharien.
C’est David Mattingly de l’Université de Leicester qui fait un bond
significatif pour la reconnaissance d’un Etat Libyque Saharien de l’antiquité,
celui des Garamantes, composante des peuples Libyques (Gétules, Numides…), dont
les vestiges archéologiques sont encore visibles auprès du Fezzan tripolitain
en Libye actuelle. Les avancées de David Mattingly contredisent ainsi les
affirmations des historiens qui considéraient les tribus Loubiques sub-sahariennes
de l’antiquité incapables de se gérer en un Etat capable d’émettre des
monnaies.
Son article de 2001, paru dans la revue « Antiquités
africaines » (volume 37), énumère les preuves archéologiques, pourtant disponibles depuis
longtemps, pour se prononcer bel et bien sur l’existence d’un Etat Loubique
« Saharien ».
Un Etat qui côtoyait les Pharaons et qui recevait de l’argent
des taxes de la part des Puniques en contre partie des comptoirs de
commerce installés tout le long de la côte du nord de l’Afrique depuis un
millénaire avant J.C.
Avec l’Egypte des Pharaons, les LoubIques vivaient parfois en
parfaite symphonie amicale à l’exemple du pharaon Séthi 1er et
son fils dont la tombe royale montre sur ses murs au moins trois peintures de
personnages élégants de Loubiques…très loin de l’image de « Barbare »
façonnée par Hérodote le Grec au 5è siècle avant J.C.
Pour l’histoire, il y a lieu de rappeler que les relations amicales
entre les Loubiques et Carthage la punique se sont détériorées à partir du 4ème siècle
quand le petit punique à ses débuts en Afrique du nord, devenu assez grand, a
refusé de payer son dû locatif aux Loubiques pour ses divers comptoirs de
commerce installés le long du littoral d’Afrique du nord.
Pour cela, des guerres ont eu lieu entre Puniques et Loubiques dont
la plus infâme, celle de 241 à 238 avant J.C, a été abondamment relayée par les
historiens et même les romanciers comme Gustave Flaubert.
L’historique rapportée de cette guerre est un amalgame entre la
révolte des mercenaires non payés par Carthage et celle de la Cité-Etat Libyque
qui, en fait, a profité du déclenchement des hostilités entre mercenaires et
puniques pour ouvrir un deuxième front contre le colonisateur Carthaginois en
vue de libérer son territoire nord-africain.
Une révolte des Loubiques contre Carthage pour libérer leur terre
alors que les mercenaires de l’armée de Carthage se révoltaient pour leur
salaire.
L’histoire reconnait tout de même que les Loubiques ont failli
remporter la victoire contre Carthage, si ce n’est la traitrise de l’un des
leurs, le chef Navaras, qui s’est aligné contre son peuple au profit de
Carthage… pour les beaux yeux de la belle princesse carthaginoise Sonophibe
et…pour la grande joie du romancier Gustave Flaubert.
*Une monnaie en billon (argent de bas titre) très rare rapportée
notamment par la collection Bouchereau. Un libraire français passionné
d’antiquités et de monnaies qui, au début du 20ème siècle à
Alger, a pu confectionner, sans s’en rendre compte, la plus importante
collection de monnaies antiques d’Afrique du nord. Une collection heureusement
rapportée grâce au catalogue de la vente aux enchères du 19/20 juin 2014 de la
maison Drouot à Paris en France.
Monhel
Copyright
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire