L’officier janissaire
turc Kara Mustapha a été élu Dey de la province ottomane de Tunis en 1702 par
le Diwan, le Conseil militaire des officiers turcs.
Il est déposé la même
année par le nouveau Bey Ibrahim Cherif (1702-1705) qui s’accapara du plein
pouvoir à Tunis. Son règne brutal sera éphémère puisque renversé en 1705 par
Hussein 1er Bey (1705-1735), fondateur de la dynastie Husseinite
trois fois centenaire. Kara Mustapha Dey sera rappelé en 1705 par Hussein 1er
Bey et exercera jusqu’en 1726.
Le Mausolée de Kara
Mustapha Dey (1702, 1705-1726), érigé à la place du Château, Bab Menara à la
Médina de Tunis, a été démoli après l’indépendance en 1960 sous l’ère
Bourguiba, alors qu’il figurait sur la liste des monuments du patrimoine de
Tunisie.
Il figure parmi les
derniers mausolées érigés par les Deys de Tunis et témoigne à cette époque de
l’importance du pouvoir des Deys au même titre que celui des Beys qui
érigeaient également leurs propres mausolées.
Le Dey est le chef
des militaires « janissaires » turcs. Il préside un conseil d’une
quarantaine d’officiers chargés de maintenir l’ordre dans la province ottomane.
Dès les années 1590, le Dey s’est accaparé du pouvoir à Tunis, province
ottomane dès 1574, en écartant le Pacha vers un poste honorifique bien que
nommé par le Sultan ottoman pour le représenter dans la province.
Dans la province voisine d’Algérie, les deys se sont accaparés pleinement du pouvoir. A Tunis, ce sont les Beys - institution créée par Youssef Dey (1610 - 1637) et chargée de la collecte des impôts -, qui ont accaparé le pouvoir à partir de Mourad Bey (1613-1631) avec la bienveillance de son mentor le grand Youssef Dey (1610-1637) à qui on ne discutait pas les ordres. Mourad Bey, corsaire à l’origine et fondateur de la Dynastie des Beys Mouradites durant le 17ème siècle, se partageait les affaires avec son mentor Youssef Dey tout en développant l’économie de la province à son plus haut niveau.
Fidèle et bâtisseur comme son mentor Youssef Dey, Mourad Bey s’est vu octroyer le titre de
Pacha par le sultan ottoman. Son fils Hamouda Pacha Bey (1631-1666) aura le
même privilège de représenter le sultan dans la province de Tunis. Cette double
représentation expliquerait en quelques sortes l’acceptation docile du pouvoir
des Beys par les Deys sans trop broncher.
Les Beys et les Deys
de Tunis ont ainsi gouverné ensemble plutôt en harmonie, parfois en concurrents.
Un autre exemple de la particularité de ce petit bout de terre le plus nordique
d’Afrique.
A partir du règne d’Hussein
1er Bey (1705-1728), les dissensions entre ces deux institutions au
pouvoir, Dey et Bey, ont commencé à s’aplanir au profit du fait établi par l’institution
beylicale. Cette dernière, établie en dynastie Husseinite, règnera à Tunis
durant plus de trois siècles jusqu’à proclamation de la République en 1957.
Monhel
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