Figure 1 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238
avant JC – Monnaie de 2 Shekels en billon de 12.5 g et de 27 cm portant à
l’exergue l’indication « Libyon » en dessous du taureau rugissant –
Le portrait à l’avers est attribué par Manfredi et autres à la divinité grecque
Zeus –
Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui
attribuer une divinité autre que celle des Libyques ? – Réf.
ARTmedina-tounes.
L’année 238
avant J.C coïncide avec l’épilogue de la guerre infâme qui a duré cinq longues
années de 241 à 238 avant J.C entre les puniques de Carthage et les révoltés
libyques sur le territoire de l’actuelle Tunisie.
Figure 2 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238
avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication
« Libyan » en dessous du lion – Le portrait à l’avers est
attribué par la documentation à la divinité phénicienne Melkart –
Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui
attribuer la divinité de l’ennemi et non pas celle des Libyques ? – Réf.
ARTmedina-tounes.
Parmi les
rares monnaies relatives à la révolte Libyque contre Carthage du 3è siècle
avant JC (238-241), celle qui attire le plus l’attention est bien cette monnaie indiquant nettement en exergue du revers le nom de la Cité Lybian en lettres
grecques.
Une
impressionnante monnaie. Celle du lion Libyque rugissant contre l’occupant
punique.
Une monnaie
en billon très rare rapportée notamment par la collection Bouchereau. Un
libraire français passionné d’antiquités et de monnaies qui, au début du 20ème
siècle à Alger, a pu confectionner, sans s’en rendre compte, la plus importante
collection de monnaies antiques d’Afrique du nord et autres. Une collection
heureusement rapportée grâce au catalogue de la vente aux enchères du 19/20
juin 2014 de la maison Drouot à Paris en France.
Figure 3 - Monnayage Libyque – Révolte Libyque contre Carthage de 241-238
avant JC – Monnaie en billon portant à l’exergue l’indication
« Libyan » en dessous du lion rugissant contre l'occupant punique – Le portrait à l’avers est
attribué par la documentation à la divinité phénicienne Melkart –
Observation : S’agissant d’une monnaie Libyque, alors pourquoi lui attribuer la divinité de l’ennemi et non pas celle des Libyques ? – Réf. ARTmedina-tounes.
Jamais le
lion rugissant avec sa crinière en hérisson n’a immortalisé son mécontentement
de façon si terrible.
Une monnaie
exceptionnelle, d’importance historique, identitaire.
Car elle
atteste de l’existence d’un Etat Libyque par la signature du mot
« Lybian » en exergue du revers.
La face
indiquerait le portrait d’une divinité ou d’un chef Libyque à l’exemple des
monnaies du chef Libyco-numide Syfax.
Pourtant,
l’ensemble des experts de la rive nord de la méditerranée l’ont toujours
attribué à une divinité punique comme celle de Melkart de Phénicie. Une
aberration, car la Cité – Etat Libyque, comme attestée par l’indication du nom
Libyan sur l’exergue, ne va pas indiquer sur son monnayage le portrait d’un
dieu de l’ennemi.
Ces mêmes
experts ont également attribué à Zeus le grec le portrait de la monnaie
similaire en figure 1 indiquant à son exergue le terme Libyan et montrant cette
fois-ci le « rugissement » du taureau mécontent de la colonisation
punique.
Ces monnaies
« Libyans » ne sont pas nombreuses.
Les experts
ont préféré attribuer leur émission à…des mercenaires révoltés contre Carthage pour leurs salaires.
Ils n’ont
pas fait l’effort de s’orienter vers l’existence d’une cité – Etat- Libyque
émettrice de monnaies au même titre que Carthage, Athènes ou Rome.
La plupart
des experts s’alignent encore aujourd’hui
sur les mêmes « rapports » et écrits de l’antiquité classant
les peuples Libyques comme des sauvages incapables de se constituer en Etat et
d’émettre des monnaies. C’est Hérodote le grec qui, le premier au cinquième
siècle avant JC, a inventé le terme Barbare pour désigner de sauvages les
peuples nord africains.
Mais en ce
début du 21ème siècle, les études archéologiques et les nouvelles
découvertes semblent inverser ces attributions. L’une d’elles se prononce bel
et bien pour l’existence d’un Etat Libyque saharien.
C’est David
Mattingly de l’Université de Leicester qui fait un bond significatif pour la
reconnaissance d’un Etat Libyque Saharien de l’antiquité, celui des Garamantes,
composante des peuples Libyques (Gétules, Numides…), dont les vestiges
archéologiques sont encore visibles auprès du Fezzan tripolitain en Libye
actuelle. Les avancées de David Mattingly contredisent ainsi les affirmations
des historiens qui considéraient les tribus Libyques de l’antiquité, mis à part les numides, incapables
de se gérer en un Etat capable d’émettre des monnaies.
Son article
de 2001, paru dans la revue « Antiquités africaines » (volume 37),
énumère les preuves archéologiques, pourtant disponibles depuis longtemps, pour
se prononcer bel et bien sur l’existence d’un Etat Libyque
« Saharien ».
Un Etat qui
côtoyait les Pharaons et qui recevait de l’argent des taxes de la part des
puniques en contre partie des comptoirs de commerce installés tout le long de
la côte du nord de l’Afrique depuis un millénaire avant J.C.
Avec
l’Egypte des Pharaons, les Libyques vivaient parfois en parfaite symphonie
amicale à l’exemple du pharaon Séthi 1er et son fils dont la tombe
royale montre sur ses murs au moins trois peintures de personnages élégants de
Libyques (Figure 4)…très loin de l’image de « Barbare » façonnée par
Hérodote le Grec au 5è siècle avant J.C.
Figure 4 – Peinture d’un Libyque visible sur les murs de la tombe du fils
du pharaon égyptien Séthi 1er. L’élégance du personnage indique
qu’il s’agit d’une haute personnalité libyque en étroite liaison amicale aves
les pharaons au point d’avoir l’honneur de figurer dans une pyramide funeste
des pharaons d’Egypte – Réf. ARTmedina-tounes.
Pour
l’histoire, il y a lieu de rappeler que les relations amicales entre les
Libyques et Carthage la punique se sont détériorées à partir du 4ème
siècle quand le petit punique à ses débuts en Afrique du nord devenu assez
grand a refusé de payer son dû locatif aux Libyques pour ses divers comptoirs
de commerce installés le long du littoral d’Afrique du nord.
Pour cela,
des guerres ont eu lieu entre Puniques et Libyques dont la plus infâme, objet
du présent article, celle de 241 à 238 avant J.C, a été abondamment relayée par
les historiens et même les romanciers comme Gustave Flaubert.
L’historique
rapportée de cette guerre est un amalgame entre la révolte des mercenaires non
payés par Carthage et celle de l’Etat Libyque qui, en fait, a profité du
déclenchement des hostilités entre mercenaires et puniques pour ouvrir un
deuxième front contre le colonisateur Carthaginois en vue de libérer leur
territoire nord-africain.
Une révolte
des Libyques contre Carthage pour libérer leur terre alors que les mercenaires
de l’armée de Carthage se révoltaient pour leur salaire.
L’histoire
reconnait tout de même que les Libyques ont failli remporter la victoire contre
Carthage, si ce n’est la traitrise de l’un des leurs, le chef Navaras, qui
s’est aligné contre son peuple au profit de Carthage… pour les beaux yeux de la
belle princesse carthaginoise Sonophibe et…pour la grande joie du romancier
Gustave Flaubert.
Monhel
ARTmedina-tounes
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